Occupation anarchique des bords de mers : plusieurs îles et villages  risquent de disparaître à Boffa

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Depuis  plusieurs années, on assiste à une dégradation très poussée de la mangrove guinéenne, surtout dans nos grandes villes côtières, comme la capitale,  pour cause d’occupations anarchiques des bords de mer à fins d’habitation. Cette agression de nos côtes maritimes, pour faire place à des bâtisses pour milliardaires,  pourrait entrainer  la disparition de nombreux villages et îles des préfectures côtières, telles que les îles de Sakama, Töröfily et Döbiret, situées dans la commune urbaine de Boffa.

Selon le chef de port central de Boffa,  Idrissa Bangoura, l’envahissement de leurs  îles est provoqué par des constructions anarchiques au bord des mers dans les grandes villes, ainsi que de  la destruction des mangroves.

« Actuellement, nos différentes îles sont menacées de disparition, par l’effet des constructions anarchiques d’habitations  le long  des côtes maritimes au niveau de Conakry surtout, mais aussi l’extraction traditionnelle de sel et la coupe de bois par  des fumeurs de poissons. Donc pour lutter contre cette dégradation inquiétante de nos côtes maritimes, il faut l’aide de l’État », prévient Idrissa Bangoura.

Quant au directeur préfectoral de l’environnement de Boffa, Ibrahima 133 Soumah, lui aussi s’inscrit quasiment dans la même veine : « les îles subissent les conséquences non seulement des effets du changement climatique, ça c’est l’effet de l’émission des gaz  par les grandes puissances industrielles qui frappe  tout le monde avec  la fonte des  glaciers, et la montée du  niveau de la mer. Donc pratiquement chez nous, les riches de Conakry jouent sur le littorale, Kaback, Kakossa, Koba jusqu’à Île de Sakama et Töröfily.

Les gens font des remblais et poussent la mer pour construire. Quand tu vas à Koba, il y a certaines zones  qui ont perdu  leurs terres cultivables, à cela s’ajoute  la coupe abusive des bois de mangrove avec les fumages des poissons et l’extraction traditionnelle du sel.  Vous connaissez l’importance de la mangrove, c’est là où se reproduisent les poissons. Mais malheureusement, les gens sont en train de détruire la mangrove », a-t-il déploré.

Le directeur préfectoral de l’environnement affirme toutefois que son département a pris des dispositions pour lutter contre ce fléau.

« Mon département a pris de grandes dispositions à travers la mise en place  d’un grand projet qui va s’étendre de Benty dans Forécariah, jusqu’à la limite de Boké, en allant vers la frontière avec la Guinée Bissau », a précisé notre interlocuteur.