Opération de déguerpissement à Kipé 2 : un député de l’UFR fait des révélations

mars 16, 2019 8:59
En marge de l’assemblée générale hebdomadaire de sa formation politique, le député de l’Union des forces républicaines Saïkou Yaya Barry a fait une révélation qu’il tient de ses informateurs dont il n’a pas dévoilé l’identité. Cette confidence faite au président de la Commission Communication, Art et Culture du Parlement Guinéen a trait à la chasse des occupants de Kipe 2 pour revendre la zone à des étrangers, des multinationales et d’autres particuliers plus nantis.
Parlant du décret de 1989 qui, à travers le Schéma directeur de Conakry, situe cette bande de terre dans les zones foncières de l’Etat, le Secrétaire exécutif du parti de Sidya Touré a rappelé que l’installation de certains habitants des lieux, notamment les autochtones, est antérieure à cet acte président pris bien après.
« Il y a des fonctionnaires de l’Etat recasés dans cette zone et qu’on est en train de détruire aujourd’hui. Ceux-là qui ont construit là et qui y vivent il y a plus de 40 ans », a-t-il fait savoir, citant à titre d’exemple son père à lui qu’il présente comme un ancien fonctionnaire de l’Etat, qui a eu légalement un terrain dans cette zone et qui y a bâtit sa maison.
« C’est là où vit ma mère. Nous avons tous les documents octroyant le terrain. Mais c’est pour vendre la zone aux étrangers. C’est-à-dire, déguerpir les Guinéens, casser leurs avoirs pour vendre aux libanais, aux multinationales et aux sociétés privées. Il y a des indiscrétions qui nous ont même confié qu’ils sont en train de faire la liste de ceux-là qui veulent des parcelles moyennant quelque chose. C’est pour vous dire qu’Alpha Condé n’a pas pitié du Guinéen. Il n’aime aucun Guinéen. Il utilise quelques personnes pour rester au pouvoir. Sinon, il n’aime aucun Guinéen », a condamné le parlementaire qui justifie ce constat critique par le fait que le chef de l’Etat ait déclaré « agir sans état d’âme » dans la récupération des domaines de l’Etat.
De l’avis de Saïkou Yaya Barry, même contre son ennemi, on ne peut tenir un tel discours, dans un pays qu’on est censé gérer. « Parce qu’à tous les citoyens, on a le devoir d’assurer des logements. La Côte d’Ivoire a 20 mille logements sociaux sur une projection de 50 mille. Le Mali en a 30 mille. Alors que la Guinée n’a pas un seul logement social pour les citoyens », a fustigé l’honorable Barry.