Opposition guinéenne : les positions restent encore très divergentes 

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Comme annoncé dans une des récentes publications de Guineenews, l’opposition guinéenne s’est retrouvée ce lundi au quartier général de l’union des forces républicaines (UFR) de l’ancien premier ministre Sidya Touré. Mais au sortir de cette rencontre d’environs une heure, le moins qu’on puisse dire,  c’est que les opposants au régime Condé ont besoin d’autres rencontres encore pour harmoniser leurs positions. (photo d’archives)

Dans un compte rendu qui vraisemblablement devait être celui de la réunion, le leader de l’UFR s’est voulu très succin. Textuellement il déclare : « vous pouvez retenir que l’opposition républicaine et la COD (convergence de l’opposition démocratique)  plus d’autres partis qui ne sont pas membres de ces deux organisations se sont retrouvés pour une séance d’information. Nous nous sommes retrouvés pour expliquer quelle est la situation en Guinée aujourd’hui. Deux sujets ont été abordés : le premier était relatif à l’invitation qui a été faite par le président de la République d’instaurer une concertation ou des consultations.  Et nous en avons débattu mais à titre informel. Le second sujet, c’était d’expliquer le hold-up qui est en train de se passer à la commission électorale nationale indépendante (CENI) qui tend à ce qu’on réduise tous les délais pour satisfaire à la demande d’Alpha Condé d’organiser des élections en 2019 alors que la CENI est censée être une structure indépendante et qui obéit à des lois de la République qui ne peuvent pas permettre de telles élections à cette date là… ». Et de terminer en promettant de revenir vers les journalistes « très bientôt », probablement « dans les 48 heures » dans le cadre d’une «conférence de presse. »

Il a fallu écouter d’autres participants à la même réunion pour en savoir davantage. Et comprendre que la rencontre de «l’opposition  plurielle »  n’a pas été une partie de plaisir. Au micro de notre reporter Dr Ibrahima Sory Diallo de l’alliance démocratique pour le changement (ADC) avoue que  « …la réunion ne s’est pas bien passée, parce qu’ils ne sont pas entendus.»

Du côté de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) de Boubacar Syddighi Diallo, les sentiments ne sont visiblement pas les meilleurs. .. Parlant «des échanges d’informations », il fait remarquer sur un ton plaintif que « …ceux qui devaient passer ces informations étaient ciblés, ils les ont passés et le reste on n’est pas écouté.»

Mais déjà, l’idée de prendre part aux consultations menées par le Premier ministre a déjà ses adhérents parmi les acteurs politiques ayant pris part à la rencontre de ce lundi. C’est le cas de Bah Oury, l’ex vice-président de l’UFDG et membre de la Convergence de l’Opposition Démocratique (COD) qui déclare: « Ma position est claire et net, je répondrai à l’invitation …»

Même position au BOC qui affirme: « nous avons décidé que nous allons répondre». Avec la même intention, l’union pour un mouvement populaire (UMP) invoque la constitution qui confère au Premier ministre ce rôle qu’il joue dans ces consultations.

Aux intentions avouées ou non des partis politiques de répondre à l’invitation faite par le chef du gouvernement, la réaction du député uninominal de Labé est sans ambages. « Nous leur avons dit qu’ils ont reçu des invitations en tant que parti… Et au niveau l’opposition républicaine et au niveau de l’opposition plurielle, nous allons tirer les conséquences», prévient-t-il.

Des exemples qui, si besoin en était encore, prouvent que l’objectif qui consiste à ce que l’opposition parle d’une même voie reste encore un défi. Une lueur d’espoir pour les défenseurs de la constitution de mai de 2010 tout de même, les responsables politiques interrogés, dans leur majorité, ont en commun le rejet de toute idée de changement de constitution.