Papa Koly à propos de la « falsification » de la Constitution : « l’œuvre humaine n’est jamais parfaite »

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Des voix s’élèvent, notamment dans la classe politique de l’opposition et des constitutionnalistes, pour crier à une falsification de certains passages de la Constitution. Le ministre d’État, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Papa Koly Kourouma, l’un des chantres de ce projet controversé qui  a causé de nombreuses pertes en vies humaines, tente de sauver les meubles, dans une sortie qui a du mal à convaincre l’opinion. C’était à la faveur d’une sortie face à la presse ce samedi 30 mai à Conakry.

D’entrée, Papa Koly Kourouma a fait noter que la rédaction d’une nouvelle Constitution correspond à un processus qui passe par l’avant-projet et le projet lui-même.

« Il y a d’abord un avant-projet de la Constitution qu’on présente au peuple. Ensuite, il y a le projet lui-même qui se discute, qu’on amende et qu’on propose au peuple pour qu’il en peuple en prenne connaissance. Ça veut dire qu’on part d’amendements en amendements, de changements de contenu en changements de contenu, en fonction des apports des uns et des autres. Une fois qu’on l’a affichée, tout le monde lit et chacun apporte sa contribution« , a indiqué le président du parti GRUP.

Poursuivant son commentaire, l’orateur a dit qu’il est évident que ces contributions ne viennent pas en même temps. Et qu’au finish, l’on peut se retrouver face à de nombreuses moutures.

« L’œuvre humaine n’est jamais parfaite. Il peut arriver qu’une des moutures soit présentée en lieu et place de la mouture définitive. (…). Moi, j’estime que le travail a été bien fait. Et il (le ministre de la Justice, ndlr) sera en mesure de nous expliquer si erreurs – il y en a eu -, pour qu’on puisse les corriger dans un bref délai. Ce qui n’empêche nullement pas l’adoption de cette Constitution« , a-t-il précisé.

Ouvrant une brèche sur le Front national pour la défense de la Constitution dont les leaders menacent de reprendre les manifestations de rues, le ministre d’État a soutenu qu’à la Codecc, ces menaces ne font même pas trembler les cheveux.

« On se connait. On a été sur le terrain ensemble. On connait leurs résultats. Nous, pour le moment, nous ne sommes pas dans une position de manifester. A cause de cette pandémie et pour le respect des décisions des autorités sanitaires, nous pensons que l’heure n’est pas aux manifestations », a-t-il expliqué.

Toutefois, Papa Koly Kourouma a dit concéder au FNDC la liberté de manifester. « Mais il y a une autorité de l’État qui va être imposée pour le respect des décisions de l’État« , a-t-il lancé en guise d’avertissement.