Paralysie des activités à Conakry : une situation diversement appréciée par les citoyens

0
469

Les activités socioéconomiques évoluent en dents de scie à Conakry, à cause de la crise post-électorale, qui s’est soldée par de violents heurts entre manifestants et forces de l’ordre, faisant plusieurs morts et des dégâts matériels importants. En attendant le verdict de la Cour constitutionnelle, le pays vit dans l’incertitude,  de quoi  perturber davantage le secteur économique, avec des conséquences fâcheuses. Dans ce micro trottoir, les avis des citoyens sont partagés. Lisez !

Mohamed Soumaoro, étalagiste au marché de Madina : «j’ai ma famille à la maison, si je ne sors pas, elle ne mangera pas. Malgré  la  situation qui prévaut, je sors pour chercher de quoi manger. Il faut reconnaître que les clients se font très rares à cause de la crise politique. Par exemple, durant toute la journée, il est difficile d’avoir même la  somme de 50 000 fg (…)».

Mamadou Bailo Sow, commerçant import/export au marché de Madina : « les Guinéens ne savent pas faire la différence entre la grève et la manifestation politique. Ils ne peuvent pas manifester sans détruire les biens publics et ceux d’autrui. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle les commerçants ont peur d’ouvrir leurs magasins et leurs boutiques. Ils ne peuvent pas ouvrir les boutiques ou les magasins, des choses qu’ils ont cherchées pendant plus de 15 ans et d’autres 20 ans, qu’on vienne les détruire en une seule journée».

Fatoumata Soumah, vendeuse d’habits : « les clients se font très rares à cause des manifestations politiques. Cela a négativement affecté le commerce. La situation dans laquelle nous vivons aujourd’hui est très inquiétante. Nos maris ne travaillent pas, c’est nous les femmes qui sortons pour trouver à manger pour la famille. Il y a plus de deux semaines les activités économiques sont paralysées, les grands centres commerciaux sont fermés», déplore-t-elle.

Ismaël Traoré, commerçant : «la manifestation politique ne concerne nullement les commerçants. C’est pourquoi nous sommes venus pour vendre nos différents articles. Restez à la maison, c’est de se priver de ses moyens de subsistance. Ce n’est pas l’opposition qui nous donne la nourriture. La politique n’est pas notre domaine. Nous sommes de simples commerçants. Vouloir suivre les mouvements politiques, cela peut nous conduire à des faillites. Nous avons passé presque deux semaines à la maison sans activité, alors que nous vivons quotidiennement. On parle de clientèle, c’est lorsqu’il y a la paix. Mais quand il faut sortir sous les jets de cailloux, cela n’est pas possible».

Souleymane Sidibé, informaticien : « les commerçants ne savent pas combien de Guinéens souffrent à cause de la fermeture des boutiques et magasins. En revanche, je demande à l’Etat d’assurer leur sécurité. Il y en a parmi eux  qui ferment leurs boutiques ou magasins par peur d’être agressés. Il y a une psychose dans le pays, il faut que les commerçants se débarrassent de la politique et à l’Etat aussi d’assurer leur sécurité. Le gouvernement doit prendre le dessus parce que les commerçants aussi vivent du quotidien, ils payent les impôts, l’électricité, le loyer, bref, ils sont les plus victimes de la politique guinéenne».