Parlement : Kalémoudou salue la présence de l’opposition qui a permis de déjouer deux pièges du pouvoir

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Le mandat de l’Assemblée nationale a expiré depuis le 13 janvier 2019. Mais les députés de l’opposition ont accepté de continuer à siéger malgré la réticence de plusieurs de ses militants. Ce samedi 6 juillet, lors de l’assemblée générale de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le Vice-président du parti, Kalémoudou Yansané a fait savoir que cette présence a payé.

En l’absence de Cellou Dalein Diallo et du Dr Fodé Oussou Fofana, c’est le Kalémoudou Yansané qui a présidé l’assemblée générale de l’UFDG ce samedi. A l’occasion de cette rencontre, il a fait un bref compte rendu de la session ordinaire des lois qui a pris fin le vendredi 5 juillet.

« Vos députés ont examiné une quarantaine de dossiers dont des accords de dons, des accords de prêts et certaines lois. Puisque nous sommes là-bas en votre nom, il est de notre devoir, qu’après chaque session, de vous faire le compte rendu ici à l’assemblée générale du parti et à ses fédérations de l’intérieur et de l’extérieur », a-t-il souligné avant de parler de certaines lois votées par le parlement, notamment la loi sur la parité homme/femme, la loi sur le port d’arme par les gendarmes ou celle concernant le terrorisme.

Si Kalémoudou Yansané trouve normal qu’un gendarme porte son arme et tire sur un fuyard, il dit que lui et ses collègues ont voté contre la loi parce qu’il y avait des éléments qui manquaient.

«L’un des dossiers importants qui a été examiné, est celui qui concernait le port d’armes par la gendarmerie nationale. C’est normal. Un gendarme doit être armé. On dit ‘’les gens d’armes.’’ La loi qui a été votée à l’Assemblée donne le pouvoir, l’autorisation, à un gendarme en service de tirer sur quiconque se trouverait en fuite, quiconque estime être un danger pour la République, quiconque dont la fuite peut être préjudice là où il va. Donc le pouvoir est donné aux militaires, aux gendarmes de faire usage de leur arme à feu. Nous avons dit que nous ne sommes pas contre, mais il faut qu’un article soit pris dans la même loi précisant que lorsqu’un militaire, un gendarme en état d’ivresse utilise de façon délibérée une arme contre un citoyen paisible, qui n’est pas agressif, que la loi sanctionne ce militaire. Mais comme cette disposition n’est pas prise par la loi, nous avons voté contre cette loi.

Une autre loi concernant le terrorisme a été adoptée. Grâce à nos éminents avocats, tous les articles qui tendaient à abuser de la loi ont été enlevés et donc la loi a été approuvée par vos députés. Il y a eu également une loi très importante pour améliorer un peu la situation des fonctionnaires pour la retraite, les pensions et pour les frais à payer à ce qui concerne les enfants», a expliqué le vice-président de l’UFDG chargé des affaires économiques.

Plus loin, le député a fait savoir que la présence des députés de son parti à l’Assemblée nationale a payé. Car, elle a parmi de bloquer deux lois organiques que le pouvoir voudrait modifier : « je dois vous dire que les militants de l’UFDG ont eu raison de demander à leurs députés de rester à l’Assemblée nationale malgré le fait que le délai réglementaire soit expiré. Si on n’était pas restés, deux lois importantes étaient préparées contre nous. La première, c’était de modifier le code électoral. Modifier le code électoral veut dire quoi ? Ça veut dire que les chefs de quartier que les partis politiques doivent désigner soient simplement nommés par les maires. Nous avons dit non. Et comme si nous disons non aux lois organiques, elles ne passeront jamais, cette loi n’est pas passée. Ils savent que nous avons 75 chefs de quartiers contre 128 pour le RPG. C’est pourquoi ils veulent maintenir le statuquo. Cette loi n’est pas passée. Une deuxième loi concernait la CENI. Ils ont voulu diminuer les démembrements de la CENI à l’intérieur du pays pour qu’ils soient gérés par les préfets, sous-préfets et des fonctionnaires de l’Administration. Cette loi aussi n’est pas passée parce que nous sommes là. Tant qu’ils sont à l’Assemblée, nous serons là. »