Parlement : Le projet de loi de Finance rectificative 2019 adopté malgré l’abstention de l’opposition

septembre 4, 2019 7:59

Les députés guinéens ont adopté le projet de Loi de Finances Rectificative (LFR) 2019, ce malgré les appels lancés par les deux groupes parlementaires de l’opposition : l’Alliance Républicaine et le Libéral Démocrate. Le premier a invité les membres de son groupe à s’abstenir et le second a demandé à son groupe de réserver un vote négatif au projet. Mais le projet est passé par 40 voix sur les 63 députés présents au Parlement. Trois se sont abstenus et 20 ont voté contre.

Par ailleurs, les prévisions retenues pour cette LFR 2019 se chiffrent à un peu plus de vingt trois mille deux vingt-un milliards neuf cent soixante dix neuf millions (23.221.979.000.000 GNF) contre vingt deux mille trois cent treize milliards trois cent soixante dix huit millions deux cent dix sept mille francs guinéens (22.313.378.217.000 GNF) dans la Loi de Finances Initiale, soit une augmentation de 908 milliards (4,07) de la prévision initiale.

Expliquant les raisons qui l’ont poussé à demander à ses membres de réserver un vote négatif au projet de la LFR. « Avant de parler des prévisions révisés, il faut noter qu’enfin juin 2019,  l’exécution du budget dans son volet dépense a été marquée par un faible taux de réalisations des dépenses des investissements sur BND (budget national de developpement) de 11, 9% alors que celles des dépenses courantes se montrent à 99,91%. (…) Le moins qu’on puisse dire, est que cette pratique traduit une mauvaise gestion de nos finances publiques à travers une allocation non efficiente des régies budgétaires qui se fait sentir aujourd’hui par entre autres l’état calamiteux du réseau routier », explique Dr Oussou Fofana.

Le président de l’Alliance Républicaine a justifié de son coté l’appel d’abstention par une série de constats dont entre autres : « l’augmentation du budget de la présidence de la République, le manque de performance au niveau des dépenses d’investissements dans les secteurs des ministères des postes et télécommunications et de l’économie numérique, de l’agriculture, de la ville et de l’aménagement du territoire, celui de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de l’élevage, de la sécurité. L’impact de ce constat n’est plus à démontrer. On peut citer parmi tant d’autres, la dégradation du réseau routier, le manque de logements sociaux, le faible pouvoir d’achat, le manque de visibilité dans l’aménagement des villes et dans le ramassage des ordures…En dépit de ces constats, le groupe parlementaire demande aux députés du groupe parlementaire de l’Alliance Républicaine de s’abstenir au vote de la LFR », dira en substance Deen Touré.

Comme l’on pouvait s’y attendre, le porte-parole de la majorité présidentielle a quant à lui invité les membres de son groupe à voter pour le projet de LRF 2019.