Passage de la Guinée au FMI : « c’est une injure au potentiel guinéen de se contenter d’avoir une aide », affirme Bah Oury

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Alors que les autorités guinéennes se réjouissent du passage réussi de la Guinée au Fonds Monétaire International (FMI), l’opposant Bah Oury estime que c’est une injure au potentiel guinéen de se contenter d’avoir l’aide de cette institution financière internationale. Ce mardi, dans un entretien téléphonique accordé à Guineenews©, l’ancien ministre de la Réconciliation nationale a fait la lecture de ce passage.  Lisez plutôt sa réaction !

« Il y a des démarches régulières du FMI à travers des échéances selon des critères bien précis et que les autorités politiques doivent remplir pour bénéficier de décaissements qui étaient déjà prévus dans le cadre du programme. Le FMI se trouve dans une position extrêmement difficile avec des Etats qui ne mettent pas les critères de bonne gouvernance et l’intérêt de leur pays comme étant le point de mire de leurs actions. Le FMI a toujours intérêt de par sa mission, de faire en sorte qu’aucun pays ne sorte des échanges commerciaux traditionnels.

C’est pourquoi, l’institution bancaire est prête à accorder des crédits en dépit de beaucoup d’insuffisances à des pays pour que ceux-ci ne soient pas coupés des d’échanges internationaux. Parce que derrière eux, il y a des vies humaines qui sont en jeu. C’est la raison pour laquelle, très souvent le FMI malheureusement n’insiste pas sur le caractère déontologique et d’éthique de la gouvernance dans certains pays pour servir ses aides et apports pour avoir des contreparties et des garanties dans le sens non seulement de l’efficacité de l’aide mais aussi, l’efficacité de l’utilisation de l’aide en direction des populations les plus pauvres (…) 

La Guinée n’a  fait aucun effort, le pays n’aurait pas eu besoin de l’aide du FMI. La Guinée a suffisamment de ressources pour ne pas attendre le FMI et la Banque Mondiale (BM). L’ancien représentant de l’Union Européenne (UE) en Guinée a clairement déclaré qu’une meilleure gestion des ressources de la Guinée à travers une collecte efficiente de ses ressources intérieures, le pays n’aurait même pas besoin de l’aide de qui que ce soit pour assurer son développement, son autonomie et renforcer son indépendance. Même pour secourir la population, les finances publiques de par la mauvaise gestion endémique de notre économie depuis très longtemps, sont  incapables de le faire. Nous  n’avons simplement que deux ressources principales, la rente tirée sur les produits pétroliers à travers les taxes et une autre rente à travers les ressources minières.

Cela ne peut nous permettre de se développer ou d’aller de l’avant. Cela ne peut pas nous permettre de satisfaire les intérêts et les besoins de la population qui sont justes et urgents. Se contenter d’avoir l’aide du FMI, c’est une injure au potentiel guinéen. C’est une injure à la capacité nationale d’un pays qui aurait pu être la locomotive depuis très longtemps. Ce n’est pas une performance économique, c’est plutôt une concrétisation de la mauvaise gouvernance endémique qui caractérise la Guinée depuis plusieurs décennie ».