Passages à niveau : points de jonction fiables ou potentielles zones de conflit, rails- route ?

décembre 19, 2018 7:03

C’est de la qualité d’aménagement, d’entretien et de signalisation  de ces lieux que dépend la  réponse à donner à cette question.

Le code de la route fait mention des passages à niveau en insistant sur le danger qu’ils représentent pour la circulation routière. Ils sont annoncés de diverses manières, selon le niveau de développement des pays: à balises; à une ou plusieurs voies;  avec barrières à fonctionnement manuel;  sans barrières ni demi-barrières; munis de demi-barrières à fonctionnement automatique; à signalisation automatique lumineuse et sonore; à portique annonçant une ligne électrifiée …

Il existe beaucoup de passages à niveau à Conakry. Certains même ne le sont que de nom. Il s’agit d’ouvrages sommaires construits par les populations riveraines qui, pour  faire passer leurs véhicules, aménagent juste, un semblant de traversée qui ne répond à aucune norme de sécurité. Ce phénomène s’explique par les besoins que suscitent la poussée démographique et l’ouverture sommaire de routes dans les quartiers.

Mais, que ce soient ces cas de figure ou les passages à niveau dûment répertoriés par les sociétés minières, Friguia et SBK, dont les voies ferrées traversent Conakry, jusqu’au port autonome, un même constat s’impose. L’aménagement, l’entretien et la signalisation de ces zones de franchissement ne semblent pas figurer dans les priorités du moment. Il suffit de parcourir la ville pour s’en convaincre. En bien d’endroits, les usagers ont du mal à passer. Or, les probabilités qu’un incident quelconque y survienne, sont réelles.

Certains usagers ont tendance à vite traverser les passages à niveau, sans prêter attention, le moins du monde, à ce qui s’y déroule. D’autres y effectuent des dépassements, ce qui est formellement interdit.  S’y ajoute, un autre gros souci, fréquent en ces lieux,  le non respect de la distance de sécurité. Les véhicules se suivant en files désordonnées et compactes, pour peu que l’un de ceux qui ont franchi les rails freine, ce qui arrive quelquefois, les suivants se retrouvent coincés sur la voie ou dans son périmètre immédiat. Ils ne peuvent plus, ni avancer, ni reculer. Un piège mortel. Qu’on a peine à imaginer !

Au delà de ces comportements à risque, d’autres situations, toutes aussi inquiétantes pour la sécurité, peuvent survenir.  Un conducteur qui aborde  un passage à niveau, non aménagé ou mal entretenu, peut accrocher les rails et se retrouver bloqué. Le choc peut caler son moteur, affecter le pare choc, les roues, la suspension ou le carter de son véhicule. Pour les motocyclistes aussi, le danger est réel.  Ils font des chutes, quand  leur engin tombe dans les trous entre les rails ou quand ils tentent de les franchir de biais, ou à vive allure. Ces cas sont plus courants pendant la saison de pluies.

Un  passage à niveau est une intersection de la route et du chemin de fer. C’est l’un des endroits les plus dangereux qui soient, dans la circulation. Le train y bénéficie toujours d’une priorité absolue. C’est une règle universelle. Dans  un « combat », train contre automobile, l’issue n’a pas besoin de parieur. Elle est connue d’avance. Le train est toujours le plus fort. Non seulement, l’usager impliqué n’a jamais raison, mais surtout, il a peu de chance de s’en tirer à bon compte.

Il revient aux autorités concernées, la responsabilité de rendre les passages à niveau, faciles d’accès, pour y écarter autant que possible, toute probabilité de conflits avec le train.

D’ici là, les usagers, automobilistes et  motocyclistes, ont tout à gagner à aborder ces endroits avec la prudence requise.