Piétons et engins à deux roues: les plus exposés aux dangers  routiers

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Les accidents de moto sont assez fréquents sur notre réseau routier et les victimes qu’ils entrainent, assez nombreuses pour qu’on les occulte. Cela se vérifie chaque jour, que ce soit dans les centres urbains ou en rase campagne. La sécurité routière (police et gendarmerie) nous rapporte toujours des cas d’accidents de motos qui se renversent d’elles-mêmes pour mauvaise conduite ou des raisons techniques, mais aussi de motos qui entrent en collision avec d’autres motos, ou qui heurtent des piétons. Au grand désarroi de tous, parce qu’il arrive qu’on en meurt.

C’est bien ce qui s’est produit jeudi dernier sur l’autoroute, aux environs de 14 heures, sous la passerelle de Coléah.  Là, une femme a perdu la vie sur le coup, après que la moto qui la transportait avec son enfant ait heurté un piéton.

Les agents basés au carrefour Donka, en face de la grande mosquée ont aussitôt alerté le service constat du commissariat spécial de la sécurité routière de Bonfi-Matam dont c’est la zone de compétence. Selon eux, la victime est une jeune dame en provenance de Kaloum qui remontait vers Madina sur une moto, avec un enfant d’environ deux ans.

Pendant le roulage, un piéton qui tentait de traverser l’autoroute à quelques mètres de la passerelle destinée à cet effet, a surgi devant le motocycliste qui la transportait.  S’en est suivi un choc violent entre les deux. La femme a fait une chute mortelle sur la chaussée et les autres,  (motocycliste, piéton et enfant) ont été projetés dans le caniveau, avec la moto. Le décompte final a été de : un mort, (la femme) trois blessés et des dégâts matériels sur la moto. Les victimes ont été évacuées vers le CHU Donka, situé non loin de là.

Si l’on peut dire que des exemples similaires sont observables sur les routes de notre pays, il faut admettre quand même que l’on ne s’y accoutume guère. La violence routière reste toujours choquante et traumatisante. Surtout, lorsqu’il y a victime mortelle. Et à voir, ce qui se passe dans la circulation chez nous, l’on ne doit pas être surpris que des accidents de motos entrainent des conséquences aussi graves. De temps à autre, nous entendons égrener des cas de tous genres et quelque fois, très pénibles à évoquer. A titre d’exemple, le jour de la fête de Tabasky dernière, la gendarmerie routière de Mamou a enregistré cinq morts dans une collision entre deux motocyclistes, survenue dans un virage. Ils étaient tous deux en surcharge, roulaient très vite et sans casque protecteur. Les victimes ont toutes péri sur place des suites de graves blessures à la tête. La gendarmerie routière a précisé que l’un des deux motocyclistes avait juste 15ans.

Il faut comprendre que dans la conduite motocycliste, dès lors qu’on a autant d’infractions qui se combinent à la fois, il y a de fortes chances que le conducteur et son ou ses passager (s) soient directement exposés aux dangers les plus graves imaginables.

Ainsi donc, engins à deux roues et piétons sont-ils classés comme les plus vulnérables des utilisateurs du réseau routier. Les premiers, pour leur équilibre instable associé à la vitesse et les seconds pour les risques qu’ils encourent à la traversée de la chaussée, alors qu’ils ne sont pas très bien perçus par les conducteurs. C’est une déclaration de l’ONU et de l’OMS résultant de séries d’études systémiques menées par des experts qui le souligne. Elle s’applique principalement aux pays en voie de développement, dont le nôtre.

Il est essentiel que nous le comprenions tous et que les décideurs s’en inspirent. Ainsi seulement réussirons-nous le pari, pour une amélioration sensible de la protection des piétons dans la circulation et une meilleure gestion de la situation nouvelle qu’entraine le développement fulgurant de la circulation motocycliste dans notre pays.