Pita: une quarantaine de cases ravagée par des feux qui se déclarent subitement

août 25, 2018 2:33
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Depuis quelque temps, les habitants de Kiri Dimou, village relevant du district de Pellal Maoudhé, dans la sous-préfecture de Donghol Touma, préfecture de Pita, ont le malheur de constater des foyers de feu qui poussent subitement sur les toits des cases.

À ce jour, 37 cases et leurs contenus ont été réduits en cendres. Ce qui laisse aujourd’hui plusieurs personnes sans abris, sans nourritures et encore moins de vêtements, a appris Guinéenews.

Diallo Mohamadou Gandho, l’une des victimes, explique comment cette calamité se produit : « depuis le début jusqu’à ce jour, 37 cases ont été réduites en cendres sans compter les cases servant de cuisine et le parc à bétail. On ne comprend toujours pas les causes exactes. Car, c’est juste la fumée qu’on constate par ci et par là sur les toits. Quelques temps après, le feu se calme pour une heure de temps. Puis après, on voit des flammes sur une autre case alors qu’on n’a pas fini  d’éteindre le premier feu. Une case peut-être épargnée pendant deux a trois jours mais après  elle s’enflamme à son tour.»

 Jusqu’ici, il n’y a pas de perte en vie humaine seulement des blessés légers. «Actuellement, nous vivons justes grâce à Dieu et aux soutiens des gens. Car, perdre sa maison en cette période de grandes pluies même si tu n’avais pas grand-chose, tu vas ressentir la perte…», soutient-il avant de lancer un appel à l’aide à toute personne de bonne volonté.

Par ailleurs, il faut rappeler qu’en janvier 2015, à la demande du président de la République de Guinée, deux experts français (Services départementaux d’incendie et de secours de la Vienne et de l’Indre) se sont rendus au Fouta Djallon pour déterminer les causes réelles de ce phénomène.

Suite à ces recherches, ces experts français ont établi une liste de recommandations pour mettre fin ces phénomènes d’incendie dits de « feux mystérieux » dans la région.

Selon le lieutenant-colonel Hivert, Conseiller du Directeur général de la sécurité civile guinéenne, il y a 3 facteurs qui sont à l’origine de ces incendies :

1-L’auto-échauffement des végétaux est dû à l’activité microbiologique. Une paille qui n’a pas été assez séchée avant utilisation peut engendrer un phénomène de combustion spontanée. En effet, à température ambiante, la réaction d’oxydation de la paille bien qu’extrêmement lente, est exothermique et peut causer une augmentation de la température du matériau si la température n’est pas dissipée. Le processus de décomposition et d’auto-échauffement de la matière organique peut ainsi conduire à l’inflammation du matériau.

2-L’auto-combustion des vêtements confinés relève de la mauvaise qualité ou de l’usure des tissus qui produisent une poussière de cellulose dont le caractère très inflammable (voire explosif) est renforcé par la présence de corps gras présents sur les vêtements (acide palmitique et oléique).

-La combinaison de ces deux facteurs est encore accélérée par la configuration des maisons traditionnelles qui sont peu aérées et dont les murs agissent comme des briques réfractaires (on y a retrouvé des ustensiles de cuisine en aluminium fondus sachant que la température de fusion de l’aluminium est de 600°).

L’analyse d’échantillons de paille, vêtements et matériaux par l’Institut de chimie de l’Université de Poitiers a conforté les conclusions des deux experts, qui ont rédigé un catalogue de préconisations afin de mettre fin à ce phénomène.