Polémique autour du processus électoral : le chargé de com de la CENI met le point sur les i (entretien)

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Le processus enclenché par la commission électrode nationale indépendante (CENI) en vue des élections législatives annoncées pour le 28 décembre prochain, suscite des vagues au sein de la classe politique. Avec de graves accusations parfois. Face aux attaques et autres allégations dont elle fait l’objet, Guineenews a obtenu un entretien avec le directeur du département communication de l’institution. Votre quotidien électronique vous propose ci-dessous la part de vérité du commissaire Aly Bocar Samoura.

Guineenews.org : des informations à notre niveau font état d’une contradiction entre la CENI qui dit que les opérations d’enrôlement ont commencé pendant que les kits sont toujours en assemblage dans un entrepôt. Qu’en dites-vous ?

Aly Bocar Samoura : la bonne information, c’est que les opérations d’enrôlement ont commencé depuis le jour de l’arrivée de la mission sur le terrain. Parce que la mission, c’est d’abord l’installation des CAERLE (commission administrative d’établissement et de révision des listes électorales). Après avoir mis en place ces commissions, on a procédé à la formation, après la formation, on est passé à l’installation. Donc, leur travail commence par l’identification des électeurs sur des formulaires d’identification. Ce qui est en train de se faire maintenant sur le terrain, c’est les formulaires d’identification que les électeurs passent pour remplir, pour le cas des déplacés, des décédés…

Guineenews.org : parlant de cette opération qui, selon votre explication, prend en compte le travail qui est en train de se faire actuellement, ce n’est pas la présence des kits seulement qui constitue l’opération d’enrôlement ?

Aly Bocar Samoura : ce n’est pas la présence des kits seulement qui constitue l’opération d’enrôlement

Guineenews.org : parlant de l’opérateur local qui a été retenu, il s’agit d’ETI si nos informations sont bonnes. Mais à sa place sur le terrain, c’est un autre opérateur qui est en activité. Est-ce que vous êtes informés de cette situation ?

 Aly Bocar Samoura : dans cette histoire d’opérateur, vous avez suivi les acteurs politiques qui ont dit qu’il faut un opérateur technique international. Ce qui fut fait. Au niveau de la CENI, nous avons choisi Novatrix qui est un opérateur international, qui à son tour, devrait choisir un opérateur local. Ils nous ont remonté l’information selon laquelle ils ont choisi ETI comme opérateur local. A son tour, ETI aussi a engagé HERMES qui est en train de faire le travail préliminaire pour le recrutement des superviseurs et des agents de saisie. C’est ce qui est en train de se faire. Ils ont lancé l’appel d’offres. Le site est ouvert et les gens viennent s’enregistrer. A notre niveau même, tout le monde ne comprenait pas. Il a fallu qu’on pose la question à Novatrix qui a répondu avoir engagé ETI qui à son tour, je ne sais pas comment ils ont fait mais, ETI a traité avec HERMES pour faire l’appel d’offres…

Guineenews.org : est-ce que vous avez vérifié cette information au niveau d’ETI pour savoir si c’est… ?

Aly Bocar Samoura : nous, ce n’est pas ETI qu’on regarde, c’est Novatrix parce que c’est l’opérateur international qu’on a choisi pour la révision des listes électorale. Et comme la loi n’interdit pas à Novatrix de choisir un opérateur local, nous nous avons affaire avec Novatrix. Nous attendons le travail bien fait de Novatrix.

Guineenews.org : mais vous savez qu’il s’agit d’un travail plus que complexe avec des résultats dont l’ampleur de l’attente est énorme. Cela dit, est-ce que vous pouvez vous limiter à attendre juste les résultats du travail de Novatrix ? Il est aussi de votre responsabilité de vous assurer que l’opérateur que vous avez choisi n’est pas en train de mener le pays en bateau non ?

Aly Bocar Samoura : exactement on a cherché à se rassurer. A la réunion qui a été tenue ici le dimanche, on a posé la question à Novatrix Ils ont dit que tout se passe bien et qu’ETI qui a eu le contrat est en train de suivre comment les choses se passent sur le terrain. Et comme notre interlocuteur, c’est l’opérateur Novatrix, on ne pouvait pas venir s’adresser directement à ETI parce que nous n’avons aucun contrat avec ETI… Mais si on avait écouté la CENI qui a voulu prendre un opérateur local directement… Avec certains acteurs politiques, pour limiter les problèmes, nous avons pris un opérateur international qui, à son tour, a recruté un opérateur local.

Guineenews.org : que dites-vous du décalage concernant la capacité des kits. Il était prévu des kits d’une capacité de 8 Go, mais il y en a plutôt un de 2 Go.

Aly Bocar Samoura : au fait ce n’est pas seulement des kits de deux Go. Il y en a de 2, de 4 et de 6 Go… On n’a pas pu avoir 8 Go parce quand l’information arrivait au fournisseur des kits, le temps était trop court. Il avait déjà fait des kits d’une capacité de 2 Go et de 4 Go… Maintenant, sur le terrain, il s’agit de voir, là où la population n’est pas tellement dense, les 2 Go vont être déployés là-bas. Là où la population est dense comme à Ratoma ou Matoto, il faut des kits de 6 Go ou 4 Go. Maintenant, je crois qu’il y a au moins 4000 kits. Donc ce qui veut dire qu’on peut, s’il le faut, les renforcer (il peut y avoir de cartes mémoires en réserve ndlr)…

Guineenews.org : le risque à ce niveau, c’est que tous les Kits ne comportent toutes les informations. Du coup, ce n’est pas évident de s’assurer qu’il n’y ait pas de doublons comme par le passé ?    

Aly Bocar Samoura : au fait, cette histoire de doublon se gère au niveau du site central. Sur le terrain, même si quelqu’un s’inscrit dans une autre localité, supposons qu’il était à Nzérékoré et qu’il est venu à Conakry, il s’enrôle ici, dès qu’on arrive au site central, il y a le système de dédoublonnage qui le détecte. Et nous ne prenons que les derniers renseignements de la personne. Donc, au lieu de le situer à N’Zérékoré, on le situe à Conakry…

Guineenews.org : ça c’est des nouvelles dispositions ? Parce que cela n’existait pas par le passé ?

Aly Bocar Samoura : ce ne sont pas les mêmes systèmes au fait. Le système de dédoublonnage que Novatrix va appliquer est différent de l’ancien système. Déjà eux, ils font l’enrôlement avec dix (10) doigts, ce qui permet d’avoir l’empreinte de tous les dix doigts. Et le dédoublonnage est fait sur cette base…

Guineenews.org : parmi les préoccupations qui nous ont été remontées, il y a celle qui concerne les formulaires d’identifications qui n’auraient pas de souches et que les citoyens détenteurs des fiches n’auraient pas de possibilité de s’assurer qu’ils sont effectivement pris en compte dans le processus en cours. Quelle est l’explication qu’on peut avoir à ce niveau à la CENI ?      

Aly Bocar Samoura : en ce qui concerne le formulaire d’identification, il faut que les gens comprennent. Si tu sais qu’avant, ton nom c’est Mamadou mais, c’est écrit Mamady, tu veux corriger cela, tu passes prendre le formulaire. Là où il y avait l’erreur, tu corriges. Si tu étais à un point A et que tu t’es déplacé pour un point B, tu mets déplacé. Pour les gens qui sont décédés, à partir du moment où on montre le certificat de décès, on considère que la personne est décédée… Donc, les formulaires vont plutôt aider les agents de saisie qui viendront après avec les kits pour accélérer le travail. Parce qu’ils ont déjà la situation de certaines personnes. Même si ce n’est pas tout le monde, ils ont déjà la situation de certaines personnes. Donc dès que ces dernières se présentent, automatiquement, ils font la correction.

Guineenews.org : donc il n’y a pas de besoin qu’une copie de la fiche soit détenue au niveau de la CENI ?

Aly Bocar Samoura : non ! Il n’est pas dit que les formulaires devraient rester avec les gens qui les remplissent. Cela n’a jamais été dit. Quand tu remplis le formulaire, il y a toujours un récépissé, un numéro qu’on te donne…

Guineenews.org : oui la fiche est laissée au citoyen qui est concerné, mais pas aux agents de recensement ou de vérification sur le terrain ?

Aly Bocar Samoura : je ne sais pas comment certains CAERLE travaillent. Mais ce qui a été dit au niveau de la formation, ils devraient… les gens doivent suivre les spots qui sont en train de passer qui expliquent tout cela à la radio et à la télé.

Guineenews.org : toujours concernant les préoccupations qui nous sont rapportées, il y a le fait que dans le chronogramme actuel, il n’apparaît pas la période d’affichage des bureaux de vote. Pendant que par le passé, les gens avaient la possibilité de connaitre le nombre de bureaux de vote et la période indiquée pour l’affichage desdits bureaux de vote.

Aly Bocar Samoura : on n’est pas encore arrivé à ce niveau. On est à l’enrôlement. C’est quand les électeurs sont enrôlés qu’ils seront ensuite affectés à un bureau de vote…

Guineenews.org : mais le chronogramme qui est établi concerne tout le processus. Si oui, alors pourquoi le volet affichage des bureaux de vote n’y apparaît pas ? C’est une erreur peut-être ?

Aly Bocar Samoura : non, il ne faut pas dire que l’affichage n’existe pas. Ça existe.  Et quand on fera l’affichage, ce sera indiqué. Si vous regardez dans notre chronogramme, l’affichage est prévu.

Entretien réalisé par Thierno Souleymane Diallo