Polémique sur l’élection du nouveau bureau de l’INIDH: le Bâtonnier met le pied dans le plat

avril 4, 2018 8:56
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«Il y a un certain vide juridique. parce que la loi ne dit pas de façon claire que si l’on est membre de l’INIDH  et qu’on est appelé à exercer dans une autre institution républicaine, qu’on perd d’office sa qualité de membre… L’INIDH portait déjà une maladie congénitale. Le texte même  sur la base duquel l’institution a été constituée est un texte frauduleux.»

Depuis la mise en place du nouveau bureau exécutif de L’Institut National Indépendants des Droits Humains(INIDH), des voies se lèvent au sein de l’institution pour dénoncer des irrégularités. Des commissaires crient même à la fraude. Sur la situation, le Bâtonnier de l’ordre national des avocats reconnaît que la procédure a été entachée de problèmes.  Et selon lui, c’est le résultat d’un vide juridique.

«Il y’a un certain nombre d’interrogations par rapport non seulement à la manière dont l’assemblée a été convoquée, mais aussi à l’élection de son président. Il y a un certain vide juridique parce que la loi ne dit pas de façon claire que si l’on est membre de l’INIDH  et qu’on est appelé à exercer dans une autre institution républicaine, qu’on perd d’office sa qualité de membre», a déclaré  Me Mohamed Traoré qui précise toutefois que les irrégularités ne concernent pas que la mise en place du nouveau bureau exécutif de l’INIDH. Selon lui, même les textes qui régissent l’institution sont mis en cause.

Poursuivant, le patron du Barreau guinéen s’inquiète d’une possible caporalisation de l’institution avec la présence massive de commissaires venant de l’administration en son sein.

« L’INIDH portait déjà une maladie congénitale. Le texte même  sur la base duquel l’institution a été constituée est un texte frauduleux. Parce que ce n’est pas le texte qui a avait été voté par le Conseil national de la transition(CNT) dont j’ai été moi-même membre. Donc, il y a désormais une certaine crainte quant à l’indépendance de cette institution. Puisqu’avec cette forte présence de commissaires venant de l’administration, il y’a de forts risques qu’elle soit une institution inféodée », a redouté le Bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée.

Pour l’heure, Me Mohamed Traoré affirme ne pas être en mesure de prendre position par rapport à ce problème. Toutefois, il indique qu’une réunion d’urgence est en vue pour examiner la question.