«Politisation» de l’éducation, Grève et menaces du Slecg, le DPE de Tougué répond à ses détracteurs (Entretien)

novembre 5, 2018 3:12
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Nommé depuis le 16 août 2017 dans les fonctions de Directeur préfectoral de l’éducation (DPE) de Tougué, Fodé Mamoudou Traoré ne file pas le bon coton avec la section locale du SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) à Tougué, version Aboubacar Soumah. Dans cette interview que la rédaction locale de votre quotidien électronique a réalisée, le DPE de Tougué s’exprime sur les «accusations»  de politisation de l’éducation, les menaces de son départ par la section SLECG de Tougué, la grève des enseignants… Lisez plutôt !

Guinéenews : à plusieurs reprises, les syndicalistes de l’éducation à Tougué vous  taxent d’être politique. Que leur répondez-vous?

Fodé Mamoudou Traoré: mais qui n’est pas politique, c’est le politique qui oriente le culturel, le social, l’économie… Je ne fais pas de politique politicienne, je ne politise pas  l’éducation sinon Tougué n’allait pas accéder à la première place de la région de Labé en matière de résultats aux différents examens nationaux 2017/2018.  M’en vouloir parce que je travaille mal me chagrine, me haïr parce que je soutiens le professeur Alpha Condé ne m’empêche pas de dormir. Je suis pour son programme depuis 1988 et je ne regrette pas ce choix. Je ne suis contre aucun parti politique, aucun syndicat, encore moins un enseignant. Mon seul défaut est de respecter à la lettre les instructions de mes chefs hiérarchiques. Je ne ferai du tord à personne. Mais personne au monde ne peut me faire ébranler sur cette voie.

 Guinéenews: les syndicalistes réclament votre départ qu’en dites-vous ?

Fodé Mamoudou Traoré: c’est hallucinant que des intellectuels clament comme slogan : « Sortez-le de Tougué, c’est un M…». Pour moi, c’est une petitesse. Car, il n’y a pas de mauvaise ethnie, il n’ya que de mauvais gens. Ceux qui ont pris la décision de me faire partir parce que je respecte et fait respecter les principes qui régissent l’administration se leurrent. Ils sont à la solde  des gens qui veulent déstabiliser le régime. Moi, je n’y prêterai pas le flanc et rien au monde ne me fera peur de tels aventuriers. Mais, je suis chez moi à Tougué, même après la retraite je reviendrai  faire des visites de courtoisie tellement que je suis enchanté par cette paisible population de Tougué.

Guinéenews: quelle stratégie utilisez-vous pour  que la reprise des cours soit effective à Tougué ?

Fodé Mamoudou Traoré: la sensibilisation, le respect des principes, la diplomatie, la sensibilisation, c’est souffler le  froid. Le respect des principes, c’est d’exécuter ce que la hiérarchie dicte comme instructions. La diplomatie, c’est déjouer des complicités. Quand je viens dans une école et trouve seulement le personnel enseignant sans les élèves, je comprends la complicité de la communauté qui ne réalise pas que l’école est pour elle. Je redéploye mes enseignants là où la communauté s’y prête. Et si le contraire se manifeste, je  remonte la liste des enseignants chômeurs en vue du gel de leurs salaires. Voilà ce qui fait ma réussite et qui fâche cette  branche qui m’en veut à mort.

Guinéenews : votre mot de la fin ?

Fodé Mamoudou Traoré: je rends un hommage mérité à la vaillante et respectueuse population de Tougué, aux sages, aux autorités à tous les niveaux pour m’avoir soutenu tout ce temps. Merci aux enseignants et aux élèves pour la reprise des cours dans l’intérêt supérieur de la nation.

Entretien réalisé par Alpha Boubacar Barry, Correspondant de Guinéenews à Tougué.