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    Pollution aux déchets plastiques: un artisan de Labé invente des dallettes écolos pour lutter contre le fléau (entretien)

    Au moment où le réchauffement climatique devient de plus en plus inquiétant à cause de la pollution qui croit à la vitesse de l’éclair avec ses vagues de déchets plastiques qui envahissent le monde entier, à Labé, Khalidou Dieng, maitre chaudronnier, conseiller municipal et président de la fédération des artisans de Labé, a pensé à une solution plus simple et résiliente. Pour lui, l’unique solution à ce problème environnemental reste la valorisation des déchets plastiques. Pour ce faire, il vient de lancer dans son atelier un programme de transformation des déchets plastiques en dallettes écologiques incassables. Pour mieux cerner les tenants et aboutissants de ce projet innovant, la rédaction locale de Guinéenews est allée à sa rencontre. Lisez !

    Guinéenews : d’où est partie l’idée de faire ces dallettes écologiques ?

    Khalidou Dieng : vu que l’environnement est menacé partout dans le monde et on a vu que la pollution à travers les déchets plastiques est devenue un phénomène très dangereux qui menace la résilience, qui entraine la dégradation de l’environnement, le réchauffement climatique et vu la quantité de déchet plastique qui sont dans la nature, on a eu la présence d’esprit d’y réagir avec ces déchets. Donc, l’idée nous ai venue de les transformer en objets utiles. C’est comme ça qu’on a pensé à la transformation des déchets en dallettes ou pavés ou bien en d’autres articles qui peuvent être utiles à l’homme.

    Guinéenews.org : en parlant des déchets qui entrent dans cette transformation, vous faites allusion à quoi exactement ?

    Khalidou Dieng : il y a quelques éléments qui sont très simples. Il y a notamment le plastique, le sable (étant un durcisseur), la base des moules. Voilà des matières qui entrent dans la fabrication de ces dallettes. Un procédé simple mais qui mérite une analyse approfondie afin de pouvoir atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé. C’est-à-dire, la production des dallettes.

    Guinéenews : quel genre de plastique utilisez-vous ?

    Khalidou Dieng : on utilise plusieurs types de plastiques notamment les jerricanes, les grands bidons de 20 litres, les résidus de plastiques venant des compagnies d’eau minérale, les sachets plastiques, les bouilloires, les seaux usés, les chaises plastiques, … tous sont transformables.

    Guinéenews : comment faites-vous pour collecter tous ces plastiques ?

    Khalidou Dieng : pour le moment, c’est un engagement volontaire, les gens, tels que nos travailleurs et apprentis sortent et ramassent les déchets qu’on transforme. Mais pour le moment, ils ne sont pas payés. Ils font un acte de bénévolat et c’est ce qui nous permet de produire ces dallettes.

    Guinéenews : des citoyens, voulant se débarrasser de leurs déchets plastiques ne vous les livrent pas ?

    Khalidou Dieng : pour le moment, non ! Parce que nous sommes à notre début. L’approche la mieux indiquée serait que tous les citoyens s’approprient de l’idée de la transformation des déchets plastiques en mobilisant dans les membres de leurs familles où dans leur concession, les déchets qu’ils produisent tout en faisant le tri. Mettre les déchets plastiques d’une part et de l’autre, les déchets organiques. Ainsi, on peut mieux gérer nos déchets.

    Guinéenews : il faut quelle quantité de plastique pour produire une seule dallette et quelle est la qualité du produit fini ?

    Khalidou Dieng : approximativement, il faut un à deux voire trois kilogrammes de plastiques. Cela dépend de la taille de la dallette. Pour ce qui est de la qualité, non seulement les dallettes sont incassables et d’habitude les autres dallettes en ciment ne sont pas faciles à transporter sur une longue distance. Et ici tu peux les balancer à n’importe quelle hauteur, à n’importe quelle distance, elles sont solides et incassables. Donc, c’est la différence entre les dallettes ordinaires faits à partir du ciment et le travail est laborieux. La différence elle est grande. Parce que ceux qui optent pour ces dallettes écologiques, aident à débarrasser l’environnement. Parce que avant de protéger l’environnement, moi je pense qu’il faut l’assainir d’abord. Si on protège quelque chose qui est salle, cela veut dire qu’on essaie de protéger quelque chose qui n’est pas protégeable. Mais quand on assainit l’environnement avant de le protéger en le débarrassant des déchets plastiques, je pense qu’à ce niveau, c’est une très bonne option que l’humanité doit pérenniser.

    Guinéenews : comment se passe la transformation de ces dallettes ?

    Khalidou Dieng : nous voulons atteindre l’installation d’une unité de transformation qui pourrait faire une production en chaine. Mais pour le moment, nous sommes à une phase expérimentale. C’est de façon rudimentaire qu’on a fabriqué un soufflet mécanique et nous avons des récipients dans lesquels nous essayons de faire la fusion du plastique pour aboutir à cette forme de dallette que vous avez vue chez nous.

    Guinéenews : actuellement, quelle est votre capacité de production ?

    Khalidou Dieng : avec les moyens de bord, on peut aller jusqu’à 100, 150 dallettes par jour. Parce que pour le moment, on est dans une phase expérimentale, on n’a pas pu faire une quantité considérable.

    Guinéenews : quel appel avez-vous à lancer à la population ne serait-ce que pour la mobilisation des déchets plastiques qui entrent dans cette transformation ?

    Khalidou Dieng : c’est une occasion opportune pour moi de saisir ce moment pour dire à la population guinéenne d’essayer de se débarrasser une fois pour toute de tous les déchets plastiques. Donc, il faut encourager ce projet qui peut être démultiplié partout dans nos villages, dans nos villes et même dans les lisières de nos villes qui produisent aussi beaucoup de plastiques. Ce sera aussi une occasion pour eux de pouvoir mobiliser et trier les déchets plastiques et organiques. Donc, ceux qui n’utilisent pas les chaises plastiques…, on peut les recycler, les peser et ils peuvent se faire de l’argent comme on est en train de ramasser le fer pour le peser. Donc, on peut ramasser les plastiques. Car, non seulement cela va donner un plus à la famille mais, deuxièmement, la famille aurait contribué à l’assainissement de l’environnement. Donc, j’invite toute la population à essayer de mobiliser tout ce qui est déchet plastique autour et aux environs de leur habitation afin de se préparer pour promouvoir cette innovation qui est de nature à aider l’humanité à réduire le réchauffement climatique.

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