Pont Kaléma à Dubréka, un endroit dangereux pour la circulation

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Le pont dont il s’agit est situé à la limite entre Kenende et Kagbelen-village, dans la commune urbaine de Dubréka. Aux dires de quelques citoyens trouvés sur les lieux, l’endroit s’appellerait « Dékone». Il se trouve à quelques centaines de mètres du carrefour Kaléma, en direction de Dubréka.

La dangerosité de cet endroit a été révélée par l’accident tragique survenu sur les lieux le 03 janvier dernier avec un bilan initial de deux morts et quatre blessés (au lieu de 05 comme précédemment annoncé par votre quotidien électronique guineenews. org). Le nombre de morts s’est accru depuis l’accident. Il est passé de deux à trois personnes. Le chauffeur du minibus, évacué à l’hôpital, ayant succombé à ses blessures. A ce jour donc, le service constat du commissariat spécial de la sécurité routière de Dubréka indique que cet accident a fait trois morts et trois blessés dont un, dans un état grave. Il s’agit de dame Fatoumata Bangoura admise au CHU Donka. Quant aux dégâts matériels enregistrés sur les deux véhicules, ils sont qualifiés de très importants par la police.

Les infractions relevées sont l’excès de vitesse et la circulation à gauche. La première, en partage entre les deux conducteurs, (Land cruiser Toyota et minibus Ford) tous décédés et la seconde, à l’encontre de celui du minibus Bambandji).

Le danger particulier de ce pont

Il s’agit d’un ouvrage situé dans une courbe, sur la nationale n°3. L’endroit est densément fréquenté, de jour comme de nuit, par des véhicules de tous genres. Cela est connu et dit : les gros camions y sont nombreux, les uns transportant des agrégats pour la capitale et les autres du matériel divers pour les mines et autres unités industrielles. Jusque là, rien que de très normal. Un simple reflet du progrès économique et social tant souhaité et auquel on doit pouvoir s’adapter. Le problème de ce pont se situe au niveau de sa construction. Votre quotidien électronique Guinéenews en avait fait cas en début d’année 2018. Sans nous hasarder dans des argumentaires techniques que seuls les ingénieurs peuvent soutenir, nous nous limiterons au simple constat que de nombreux citoyens ont fait en observant l’ouvrage et la circulation qui s’y déroule. Pour les riverains de la zone, la vitesse élevée et la circulation à gauche sont de règle en cet endroit. Ils disent être témoins, à longueur de journée, de nombreux risques d’accident qui s’y produisent. Des situations devant lesquelles ils sont hélas, impuissants. Ils ne réussissent qu’à crier leur frayeur et vivent, disent-ils, une hantise permanente de voir l’accident survenir…….jusqu’au jour fatidique du 03 janvier avec les trois morts et trois blessés évoqués plus haut.

Depuis lors, une vive émotion s’est emparée de tous. C’est connu, le drame routier crée toujours un état de choc. Qui s’estompe malheureusement aussi vite qu’il est arrivé. C’est maintenant, à la sécurité routière de se poser les bonnes questions. Pourquoi et comment c’est arrivé ? Comment faire pour que cela ne se répète plus ? Le commissaire Faya Honoré Mara, commissaire spécial de la sécurité routière de Dubréka nous a invités sur les lieux. Ce pont, dira-t-il, a fait l’objet de grosses réparations, il n’y a pas très longtemps. Une déviation, encore fonctionnelle y a été construite pendant les travaux de restauration. Mais, depuis sa prise de fonction à Dubréka, en qualité de commissaire spécial de la sécurité routière, ses services ont toujours fait mention de la dangerosité de l’endroit.

Sur le pont, dans le sens Dubréka-Kagbelen, une menace réelle existe qui rend la circulation périlleuse. il n’y a rien d’exagéré dans cette affirmation. Comme le montre la photo, le côté droit est affaissé et en pente sur le tablier. Se voulant très précis, le commissaire Honoré a matérialisé à la craie blanche, la surface concernée, dont le bitume présente des fissures. Pour lui, tout le problème est là. « Cet affaissement et cette inclinaison font perdre l’équilibre aux conducteurs qui franchissent le pont. Ceux qui y passent pour la première fois, surtout les gros camions chargés, sont entraînés vers le parapet du pont. Cette expérience les marque profondément, parce qu’ils sont pris de peur devant le danger encouru et s’estiment heureux de n’être pas tombés en contrebas. Plus jamais ils n’oublient l’endroit et au prochain passage, ils évitent systématiquement cette voie de droite, considérée à risque, pour rouler à gauche. Mes services ont constaté, dira le commissaire Honoré, que tous les automobilistes qui sont tombés une fois dans ce « piège » de l’affaissement, violent le code de la route, en roulant à gauche pour passer le pont. C’est la cause de l’accident mortel du 03 dernier. Que faut-il faire alors et qui va le faire? Le commissaire donne son avis, tout en continuant, par des gestes de la main, à inviter les usagers qui fréquentent l’endroit, à rouler avec prudence. « Dès l’instant qu’il est établi qu’un problème existe sur un point quelconque du réseau routier, il y a lieu d’apporter au plus tôt la solution qui s’impose. Notre rôle est d’informer nos autorités de ce qui prévaut ici. Nous l’avons fait et le ferons toujours sans attendre, pour assurer une meilleure circulation routière à tous les usagers qui fréquentent notre zone de contrôle.

En attendant, nous avons interdit tout croisement sur le pont. Les usagers qui empruntent le sens Kaléma- Km 5 sont orientés sur la déviation. Cette première mesure permet de limiter les risques d’accident. Nous attendons les mesures que les autres services concernés prendront, pour trouver une solution définitive à ce problème.»

Le service d’entretien routier est fortement interpellé pour gérer au mieux et au plus tôt, ce qui pourrait être un probable dénivellement d’appui ou une insuffisance de compactage sur ce pont, aujourd’hui à risque.

Pour le bien des nombreux usagers qui fréquentent cette nationale n° 3 !