Porédaka/Mamou : à la rencontre des majors de l’examen à l’entrée en 7ème

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A Mamou seuls 2859 sur 6503 candidats ont réussi à l’examen du Certificat d’études Élémentaires (CPE) pour la session 2019. Les deux premiers de la préfecture viennent tous de l’école primaire de Bantanko Marin située dans la sous-préfecture de Porédaka à 47 kilomètres de la ville de Mamou.

La rédaction de Guineenews© est allée à la rencontre de ces enfants qui vivent au cœur d’un monde rural sans courant électrique, sans télévision et sans réseau téléphonique.

Publiés depuis le lundi 22 juillet dernier, 5 jours après les parents ne connaissaient toujours pas le résultat de leurs enfants à l’examen d’entrée en 7ème. Il a fallu notre arrivée dans le village de Parawol relevant du secteur de Bantanko Marin pour qu’ils puissent être informés du succès réalisé par leurs enfants.

Âgés respectivement de 14 ans et 12 ans, Ousmane Camara et Mohamed Lamine Camara ont surpassé leurs camarades de l’étendue de la préfecture de Mamou avec la mention Bien. Ces deux enfants parcourent chaque matin un kilomètre à pieds pour venir suivre les cours à Bantanko Marin une école construite par les communautés locales.

Les élèves très contents ont confié que ce succès est le fruit de plusieurs mois de préparation : « pendant les cours, nous avons travaillé en groupes pour traiter les exercices. On n’arrêtait jamais de réviser les leçons à la maison matin et soir » indique Abdoulaye Diallo le quatrième de la préfecture.

Son papa Alpha Amadou ajoute : « j’ai quatre enfants qui vont à l’école. Je ne donne pas aux enfants le temps de jouer. Le matin, ils apprennent le Coran puis les leçons avant de prendre le petit déjeuner et aller à l’école. De retour à la maison ils se reposent quelques minutes avant de reprendre la révision ».

Abdourrahamane Barry, l’unique enseignant titulaire de cette école de Bantanko Marin, qui a été longtemps communautaire avant d’être engagé à la Fonction publique dégage la stratégie qu’il a utilisée pour avoir ce succès :  » rien que de la rigueur et du sérieux. Je tiens les classes de 6ème et 5ème J’ai responsabilisé les enfants en les organisant dans un gouvernement d’enfants. On a beaucoup travaillé sur le calcul. Si je trouve que les élèves ont du mal à comprendre une leçon, je formule des poésies pour les enfants. J’ai désigné des enfants pour vérifier chaque matin les exercices à domicile. Il est aussi interdit aux enfants de parler la langue maternelle à l’école », explique t-il.

Abdoulaye Talhatou le président du bureau de l’APEAE de l’école primaire de Bantanko Marin revient sur le fonctionnement de cette école. « Compte tenu de la distance de 6 kilomètres que parcourraient nos enfants pour aller étudier à Dar-es-salam, nous avons décidé de construire chez nous une école. Présentement nous disposons de 6 classes. Mais ce sont 3 classes qui sont fonctionnelles. L’État nous a envoyé un enseignant et nous avons cherché deux autres enseignants communautaires à nos frais. Pour payer ces derniers, chaque parent d’élève doit payer 15 000 GNF par élève. Chaque année, nous dépensons environ 15 millions de francs guinéens (environ 1400 dollars USD) pour le salaire des contractuels. Et 3 millions pour leur restauration. Certains enfants abandonnent l’école au cours de l’année scolaire parce que les parents ne trouvent plus les 15 000 GNF. D’autres abandonnent à cause des travaux champêtres ».

Malgré les conditions de vie dans ce village, contrairement à certains enseignants, le maître titulaire est à ses dix-septièmes années dans cette école. Pour les examens antérieurs, l’école de Bantanko Marin a été à six reprises premières dans la sous-préfecture de Porédaka.

Faut-il noter que l’école a fait 100% à l’examen. Elle a présenté 17 candidats dont quatre filles.

Désormais, ces admis auront à parcourir l’année prochaine pour les uns 7 kilomètres, pour les autres 8 kilomètres pour aller suivre les cours au collège de Dar-es salam.