Pour empêcher le projet de 3ème mandat, le député de Kaloum entend solliciter l’arbitrage de l’Armée

mai 24, 2019 2:00

Décidément, le député uninominal de Kaloum n’est pas à du goût à cautionner le projet d’un éventuel troisième mandat pour l’opposant historique, Alpha Condé, devenu président de la République en 2010.

L’honorable Cheick Touré a étalé sa position face à cette situation dans la matinée de ce vendredi 24 mai 2019 dans l’émission Face à l’info de la radio Nostalgie. « Nous nous opposons à toute tentative de violation de l’article 27 de la Constitution guinéenne qui est claire, nette, et qui précise que le président est élu pour un mandat renouvelable une seule fois. En aucun cas, il ne doit briguer un troisième mandat. Cela est impossible. Il faut respecter la démocratie, surtout quant on a été pionnier de cette démocratie en Guinée », a placé le parlementaire à l’entame de son intervention.

Poursuivant, Cheick Touré a indiqué que pour l’instauration de la démocratie en Guinée, Alpha Condé s’est battu sur tous les fronts. Et maintenant qu’il a brigué la magistrature suprême du pays, il veut outrepasser les lois.

« Le président Alpha Condé a clamé haut et fort ici qu’il est Mandela de la Guinée. Regardez Nelson Mandela, après 50 ans de lutte, quand il est devenu président  pendant cinq ans, lorsqu’il a fini d’exercer son mandat, il est parti librement. Aujourd’hui, il est l’icône de la démocratie et de l’histoire sud africaines. Le président Alpha Condé dit qu’il est Obama de la Guinée. Barack Obama a fait huit ans, soit deux mandats après quoi il a rendu le pouvoir. Si Alpha veut remplir tous ces critères de convergence, en 2020, il n’a qu’à rendre le tablier pour qu’il entre dans l’histoire. C’est à lui de définir son sort; soit, on demande son départ, soit, le peuple sort pour demander encore son départ. Mais, nous, nous ne sommes pas prêts à accepter le troisième mandat », a-t-il averti.

S’insurgeant contre les nominations qu’il taxe de « communautaristes et régionalistes », l’invité de la radio Nostalgie a dénonce la gestion « ethnique » du pays pour un résultat qu’il ne trouve pas.

« Vous voulez de troisième mandat, vous n’avez fait aucun résultat, votre gestion est globalement négative: la gestion ethnique. D’abord, regardez la nomenclature gouvernementale où dix neuf ressortissants de la Haute Guinée sont ministres avec des secteurs clés. Avec ça, on peut parler de troisième mandat? », s’est interrogé celui qui a remplacé Baïdy Aribot au Parlement, citant entre autres les Finances, le Budget, la Défense, la Justice, les Travaux publics, l’Habitat, la Coopération, l’Enseignement professionnel, l’Enseignement pré-universitaire, l’Administration du territoire, la Sécurité et la Fonction publique également.

« Lansana Conté qui est le père de la démocratie guinéenne n’a jamais fait ça. Il faisait des nominations vraiment équilibrées. Il prenait les compétences dans toutes les régions », a fait remarquer Cheick Touré.

Kaloum ne va jamais accepter le troisième mandat

Pour tous les régimes qui se sont succédé au pays,

la commune de Kaloum qui abrite le siège de la Présidence de la République et de l’essentiel de l’administration publique, est une zone de prédilection. Ce qui amène certes Cheick Touré à lui accorder tous ces attributs: « Kaloum, notre commune, commune reine, commune mère, commune directrice, ne va jamais accepter le troisième mandat », a-t-il juré.

« Le président Alpha Condé est sorbonnard. S’il fut pionnier de la démocratie guinéenne, il doit œuvrer à terminer son mandat paisiblement et rendre le pouvoir au peuple de Guinée. En cas de troisième mandat, ils vont marcher sur notre cadavre », a averti le député.

Et de conclure: « Nous allons mobiliser la jeunesse. Nous allons nous diriger vers le camp Samory. Et ceux qui sont en banlieue vont eux aussi se mobiliser vers le camp Alpha Yaya, demander à l’armée de faire l’arbitrage démocratique: le respect de la Constitution. On a vu ce qui s’est passé au Soudan. Nous, on n’a pas peur. On affronté le pouvoir de Dadis ici au stade du 28 septembre, un civil ne peut pas nous effrayer. En cas de troisième mandat, c’est tout le peuple de Guinée qui va sortir pour leur barrer la route, parce que nous voulons un régime démocratique, pas un régime totalitaire et autoritaire. Donc, on en a marre ».