Poursuivi pour «abus de confiance», l’avocat Me Ouattara se défend et la partie civile persiste

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Aboubacar Ouattara, avocat à la Cour est poursuivi pour « abus de confiance ». Il a comparu ce lundi 21 janvier devant le TPI  (Tribunal de Première Instance)  de Kaloum où il a rejeté  en bloc cette accusation. Lisez plutôt sa part de vérité !

« C’est une société que j’ai défendue sur la base d’une convention non écrite à travers son représentant qui est Mathurin Millimouno. Nous sommes convenus que tout ce qui concerne la justice devait être à ma charge. C’est-à-dire, avocats, huissiers. Bref,  toutes les négociations qui concernaient la justice. Le montant principal était 6 milliards 786 millions de francs guinéens. Une fois que l’argent est recouvré, je dois avoir 1 milliard 786 millions GNF et les 5 milliards lui reviennent.

C’est ce que nous avons arrêté mais, malheureusement, cette convention n’a pas été écrite. Je suis le seul avocat dans la procédure de début jusqu’à la fin. Quand le paiement est intervenu, M. Milimouno m’a dit de venir chercher mon honoraire dans son bureau. Quand je suis arrivé, j’ai trouvé qu’il a fui. Quand j’ai interrogé ses travailleurs, ils m’ont répondu qu’ils ne savent pas où il est allé. J’ai tenté de l’avoir au téléphone sans succès. Finalement, je suis rentré espérant qu’il m’appellera, il n’a pas fait. Quand je suis revenu le matin, j’ai dit à ses travailleurs de dire à leur patron qu’il me payera mon argent.

Entretemps, son comptable m’a appelé, il m’a tendu un chèque de 600 millions de francs guinéens alors que mon argent est 1 milliard 786 millions GNF. Néanmoins, j’ai pris l’argent et j’ai fait un reçu tout en indiquant les détails. J’ai un ami qui m’a remis le protocole d’accord que M. Milimouno a signé avec l’Etat et lequel protocole a abouti à un montant de 9 milliards 2 millions. C’est à partir de là que j’ai compris que l’huissier avait ajouté d’autres montants (…). Puisque dans la convention, l’huissier était de mon côté parce qu’on a dit que tout ce qui est justice, c’est moi qui gère. J’ai dit en ce moment qu’il va me payer les frais de recouvrement de l’huissier. Je rappelle que c’est l’Etat en tant que débiteur qui paie l’honoraire de l’huissier. Quand j’ai compris que M. Milimouno ne voulait pas me payer, j’ai saisi son compte.

Quand j’ai fait mon calcul, je devais avoir 2 milliard 786 millions GNF. Au finish, après toutes les prières, j’ai finalement reçu 2 milliree 186 millions de francs guinéens. Au moment où il me payait, il m’a dit de signer au nom de tous les avocats. Chose que  j’ai acceptée parce que je suis le seul avocat. Je suis le seul avocat dans ce dossier et tous les documents de la procédure en font foi », a-t-il dit.

De son côté, Me Faya Gabriel Kamano qui s’est exprimé au nom de la partie civile a insisté que son confrère est coupable dans cette affaire. Lisez aussi sa déclaration !

« Tout le monde le sait que notre client (Mil Impression représentée par Mathurin Milimouno, NDLR) avait eu un marché de fourniture avec le ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation portant sur la confection des livrets. Lorsqu’une tranche du montant lui a été payée, le gouvernement, à l’époque, a estimé qu’il s’agissait d’un détournement. M. Milimouno a même fait la prison.

Notre client a constitué un collectif d’avocats au nombre desquels figure Me. Ouattara. Mais avant lui, il y avait d’autres avocats notamment maître Sylvain Millimouno et Maître Benjamin Millimouno. L’affaire a été suivie jusqu’à son terme. Me. Ouattara a perçu plus de 2 milliards 700 millions de francs guinéens comme honoraire pour tous les avocats.  Un montant exorbitant. Il a établi lui-même un reçu comme quoi, les 2 milliards 700 millions ont été payés pour tous les avocats.

Très malheureusement, lui seul a disposé de ce montant. Dans le même acte, il a reconnu qu’une partie de ce montant devait être payée à l’huissier. A la barre, il a tantôt dit que le frais de l’huissier était de 800 millions GNF mais en réalité, ce dernier n’a reçu que 100 millions GNF. C’est aberrant et inacceptable, c’est un abus de confiance. Il dit qu’ils se sont convenus sur un montant alors que le client lui a payé sous la pression pendant qu’il était sous traitement en Tunisie.

Il a mis la pression sur les travailleurs de notre client. Il est dans l’impossibilité totale d’apporter la preuve des honoraires convenus entre eux. Etant avocat professionnel, M. Ouattara sait que l’article 94 de la loi 014 qui régit la profession avocat dit que les honoraires de l’avocat doivent faire l’objet de facturation, donc un écrit. Ce qui n’a pas été le cas. C’est le client qui sait quels sont ses avocats parce que c’est lui qui les constitue…», a-t-il expliqué.