Présidentielle 2020 : à peine présenté par la CENI, Aliou Condé de l’UFDG dénonce le fichier électoral

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La troisième réunion du Comité Inter-Parties (CIP) pour l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 s’est tenue ce 14 septembre à  Conakry. Le thème a porté sur ‘’ Présentation des statistiques finales du fichier électorale et la procédure de distribution des cartes d’électeurs’’.

Au sortir de la salle, le représentant de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Aliou Condé a insisté qu’il y a toujours des anomalies dans le fichier électoral.

«Pour le moment, nous n’avons entendu que des chiffres. Nous avons des interrogations, je crois que tous les Guinéens ont entendu parler des difficultés qu’il y a autour du fichier électoral. Mais la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) s’est enfermée pour travailler sur le fichier électoral, alors que nous nous étions entendus dans le cadre d’un comité de suivi de ceux qui devaient faire l’audit du fichier électoral. C’était les Nations-Unies, l’Union Européenne et l’Organisation Internationale de la Francophonie (IIF). Ce sont eux qui ont fait des recommandations que toute la classe politique a acceptées. Dans la mise en œuvre, l’OIF a travaillé jusqu’à un certain moment pour la préparation des élections électives avant de se retirer parce qu’il y a avait suffisamment d’anomalies. A notre grand étonnement, au lieu qu’il soit ceux qui ont découvert et dénoncé les faiblesses du fichier électoral, ils ont préféré faire venir la CEDEAO», a-t-il condamné.

Poursuivant, Aliou Condé a rappelé que les chiffres qu’il a entendus dans la salle, contiennent toujours des disparités régionales qui posent des interrogations.

«Ils nous ont dit d’être rassurés qu’ils ont fait du bon travail, mais ce n’est pas leurs déclarations qui vont nous satisfaire. Dans la salle, ils ont déclaré que la préfecture de Mandiana a 203 731 électeurs, alors qu’en 2010, elle avait 84 367 électeurs. Ce qui veut dire qu’en 10 ans,  Mandiana a progressé de 141, 50 %. D’où viennent ces électeurs ? ou  il y a une génération spontanée à Mandiana ? Qu’est-ce qui se passe ? D’où viennent-ils ? S’ils sont venus d’autres régions d’à côté, il faut qu’on sache dans ces régions que le chiffre a baissé parce que, c’est un jeu de population. Pourquoi une telle concentration dans la préfecture de Mandiana ? Qu’est ce qui justifie que les Guinéens se retrouvent massivement du jour au lendemain à Mandiana? C’est le même cas pour la préfecture de Beyla qui est passée de 95 mille électeurs à 221 mille électeurs. Ils ont fait un petit effort à ce niveau en ramenant de 221 mille électeurs à 158 205 mille. Tout cela prouve que nous avons des problèmes. Aujourd’hui, nous sommes à 35 jours de l’élection présidentielle, la loi guinéenne est claire, lors que le travail sur le fichier est terminé, il doit être affiché pour que tout le monde sache qui est dedans et qui ne l’est pas. S’il y a des erreurs, ils ont le temps de rectifier, mais on nous fait appel pour nous présenter le fichier électoral et en même temps, l’émission des cartes d’électeurs. Est qu’ils peuvent émettre des cartes d’électeurs alors que les Guinéens ne savent même pas s’ils ont été inscrits ou non, ou s’il y a des erreurs ou non. C’est ce qui nous oppose à la CENI, sa façon de faire. Ils considèrent que le problème du fichier est celui de la CENI alors que c’est pour tous les Guinéens», a-t-il déploré.