Présidentielle 2020 : l’OGDH s’oppose à un 3ème mandat pour Alpha Condé

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« Nous nous élevons contre toute tentative de remise en cause du principe de l’alternance démocratique »

L’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) était fortement représentée à la plénière du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) tenue le 29 juillet à Kipé. Car le président et le vice-président de l’organisation ont pris part à la réunion.

Abdoul Ghadiry Diallo, président de l’OGDH, soutient que ce qui passe actuellement en Guinée interpelle tout acteur de défense des droits de l’homme : « la raison d’être d’une organisation de défense des droits de l’homme, c’est le combat pour la promotion, la protection et la défense des droits de l’homme. Par ricochet, le respect de ces principes fondamentaux passe par le respect des principes républicains, le respect des principes régissant un Etat de droit. Dans ces conditions, toute action visant à remettre en question les principes républicains qui régissent notre nation à travers un changement de constitution fantaisiste, à travers des répressions brutales qui coûtent la vie à des citoyens qui n’ont pour crime que d’avoir voulu manifester pacifiquement, des arrestations arbitraires et tout ce qui constitue des facteurs de blocage des principes régissant l’Etat de droit, nous interpellent. »

S’agissant de la nouvelle Constitution et l’éventuel 3ème mandat pour le président Alpha Condé, le président de l’OGDH affirme que c’est là des manœuvres qui violent les principes républicains d’un Etat de droit : « le changement constitutionnel donnant l’occasion à remettre en cause l’alternance démocratique est une violation des principes républicains. Et, conséquemment, nous avons une position claire, c’est celle de refuser toute action visant à remettre en cause les principes républicains. Un 3ème pour l’actuel président qui ne devrait avoir que deux mandats et qui, par le jeu de manœuvres de changement de constitution, veut s’octroyer un 3ème mandat, ce comportement qu’il adopte nous amène à nous poser la question de savoir quelle est l’utilité de ce combat qu’on a mené jusqu’à date pour que l’Etat guinéen soit un Etat républicain, un Etat de droit. En conséquence, nous nous élevons contre toute tentative de remise en cause du principe de l’alternance démocratique. »

Pour permettre à la Guinée d’être un véritable Etat de droit, Abdoul Ghadiry Diallo demande à tous les Guinéens de rejoindre le FNDC : « Nous appelons toutes les forces vives de Guinée, aussi bien au niveau des forces de défense et de sécurité que de toutes les autres couches de la société guinéenne de comprendre que le combat pour la construction d’un Etat de droit interpelle chacun là où il est. A ce titre, nous lançons un appel solennel à tous les Guinéens qui, dans leur fort intérieur, sont favorables à la construction d’un Etat de droit, de se joindre à ceux qui se battent dans le cadre du maintien des principes républicains sur lesquels nous avons juré, sur lesquels nous nous sommes accordés. »