Présidentielle du 18 octobre : Cellou Dalein Diallo, comme l’âne de Buridan

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Le principal opposant au régime de Conakry, Cellou Dalein Diallo ne s’est toujours pas déterminé sur sa participation ou non à la présidentielle du 18 octobre prochain. Alors que ses pairs, notamment Lansana Kouyaté du Pedn et Sydia Touré de l’Ufr écartent toute idée de prendre part à cette élection, qui serait synonyme d’un saut dans l’inconnu, Dalein lui, dit s’en remettre aux conclusions des consultations engagées au sein  de son parti.

Pour sa participation ou non au scrutin du 18 octobre, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg) est sur une ligne de crête. En effet, étant conscient des risques qu’il encourt en prenant part à un vote sans aucune garantie de transparence, Mamadou Cellou Dalein Diallo a besoin de l’avis de sa base électorale, pour savoir si oui ou non, il serait opportun de se lancer dans une telle aventure qui, à la limite peut sembler périlleuse. Une caution qui pourrait valoir son pesant, au cas où les choses tournaient mal.

C’est ce qui justifierait ces consultations, synonymes de garde-fous,  lancées récemment au sein du principal parti d’opposition.

En attendant que les résultats de ces délibérations ne soient officialisés, le parfum qui en émane, fait la part belle au « oui ». On apprend ainsi dans la foulée, que les voix dissonantes seraient marginales, à l’image de celle du  collectif des élus de l’Ufdg-France, qui met en garde contre toute participation à ce vote.

Dorénavant le dernier mot revient à Dalein, de répondre favorablement ou non à la décision de sa base.

Mais cette réponse sera bien évidemment « oui », du moins si l’on s’en tient aux récentes sorties de certains de ses lieutenants, dans la presse, notamment le vice-président Chérif Bah et le député Dr Ben Youssouf Kéita. Qui se disent favorables à l’option consistant à « chasser » Alpha Condé par les urnes.

Sans pour autant disposer de garanties que cette candidature de la discorde d’Alpha Condé pourrait passer à la trappe, à l’issue de ce vote. Les partisans du « Oui » au sein de l’Ufdg nourrissent le rêve que leur candidat puissent grappiller des voix en Haute Guinée en surfant sur la vague de contestation contre le régime, en cours dans ce  fief traditionnel du parti au pouvoir, où Alpha Condé peine à mettre le couvercle.

C’est presque le même scénario du côté de la Guinée forestière, où l’on assiste également à la fin de la lune de miel entre l’exécutif et les populations de la zone.

Comme si la conjonction de tous ces faits serait du pain béni pour l’opposition. Sauf que les mœurs politiques en Guinée sont hors-normes. Face à un pouvoir qui manque d’élégance, les risques de prendre une gamelle dans un jeu électoral sont immenses. Le chef de l’opposition  sait ce qu’en vaut l’aune, pour avoir été à deux doigts de la victoire en 2010. Avant de rater la dernière marche de la présidentielle, par le contrecoup d’un tour de passepasse.

Toutefois, Dalein et son parti veulent encore tenter un coup de dés aussi improbable qu’il soit.

Au regard donc de ce qui précède, le leader de l’Ufdg semble prédisposé à aller à ces joutes électorales en vue. Cela,  contrairement à Lansana Kouyaté et Sydia Touré, qui, ayant senti le vent du boulet, rechignent à jouer les ingénus.

A moins que Dalein, aussi, au lieu de  sacrifier à des intérêts électoralistes,  ne se ravise face à la pression du Fndc.

Un Front qui ne démord pas, et qui d’ailleurs, a profité de la confirmation d’Alpha Condé, pour annoncer la fin de la trêve ce lundi.

Dans un communiqué publié à cet effet, le Fndc  appelle « à l’union sacrée de toutes les forces sociopolitiques du pays. Il invite tous ceux et toutes celles qui doutaient encore de la volonté d’Alpha Condé de briguer un mandat supplémentaire à rejoindre la noble lutte historique de la majorité des guinéens pour sauver notre jeune démocratie ».

Avec la date limite du dépôt des candidatures, fixée  au 08 septembre, les potentiels candidats sont dans une course contre la montre, y compris le président de l’Ufdg, qui pour le moment est comme l’âne de Buridan.