Présidentielle du 18 octobre : la Ceni, comme le loup dans la bergerie

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Le nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a l’air d’avoir des fourmis dans les jambes, tout comme ses prédécesseurs. Si l’on s’en tient en tout cas à la réserve émise par un groupe de commissaires de l’institution contre le chronogramme de la présidentielle fixant la date du scrutin au 18 octobre, des commissaires qui relèvent au passage une démarche unilatérale de  Kabinet Cissé, qui voudrait aller vite à ce vote, on ne sait pour quelle opportunité.

A peine installé dans ses fonctions, le nouveau président de la Ceni s’est fixé comme défi prioritaire l’organisation de l’élection  présidentielle censée boucler la boucle des  consultations  électorales de 2020.

Pour réussir ce pari, la Ceni s’est lancée dans une course contre la montre en fixant la date du vote au 18 octobre au grand dam de l’opposition, qui dit n’avoir pas été consultée pour les besoins de la cause. Et sans qu’au préalable, ne soit purgé le contentieux électoral relatif à l’état du fichier.

Pour dérouler ce chronogramme, l’institution a planifié dans la foulée une série d’activités  dont la mise en œuvre pourrait permettre d’être dans les clous.

Dans son communiqué daté du 12 juillet, l’organe de gestion des élections prévoit 5 activités, dont le déroulé servira  à garantir la tenue d’un scrutin consensuel et apaisé.

Au nombre de ses taches, il faut noter ‘’la remobilisation et la formation des membres des démembrements, la mise en place et la formation des membres de commissions administratives d’établissement, la révision à titre exceptionnel précédée du préaffichage des listes électorales et la révision des listes électorales’’, entre autre.

Pendant que l’attention de l’opinion était focalisée sur ce planning du process élaboré par la Ceni,  une partie des commissaires s’est détachée du lot, pour servir un autre son de cloche.

Dans un communiqué publié à cet effet, cette frange de commissaires remet carrément en cause le chronogramme de l’institution. Arguant que ‘’les faiblesses du chronogramme sont énormes’’.

Les commissaires « frondeurs » citent entre autres faiblesses « le non-respect du calendrier lié à l’assainissement du fichier électoral, le chronogramme élaboré sans que les conditions d’assainissement du fichier électoral ne soient clairement définies, la suppression de certains délais légaux comme l’affichage des listes, l’exclusion des guinéens de l’étranger de l’enrôlement ce qui constituerait une violation de leur droit, le chronogramme n’envisage pas le module d’embarcation des mineurs sur le skits avant leur déploiement sur le terrain, ce qui aurait empêché que de nouveaux mineurs soient enrôlés.»

Comme si cela ne suffisait pas, on a ensuite vu Dr Alhassane Makanera, membre de l’équipe des « frondeurs » jouer les démineurs, en déclarant sur radio espace, qu’il n’y aurait pas de  remise en cause de la voix de l’institution.

Que cette déclaration ne serait qu’un message  d’interpellation de leur président et de certains de leurs collègues commissaires, afin qu’il y ait davantage d’harmonie dans le travail, à l’interne.

En clair, leur démarche serait juste un simple plaidoyer, visant à attirer l’attention de l’ensemble des membres de l’Oge sur la nécessité de doter l’institution d’un fichier propre, devant favoriser l’organisation d’un scrutin sincère.

L’un dans l’autre, la vérité est qu’avec cette Ceni en l’état, le ver est dans le fruit. Il n’est donc pas évident que quelque chose de bon en sorte en terme de résultat probant, pour une meilleure qualification de notre système électoral.

Chacun des commissaires ne prêchant que pour sa chapelle.

Au final, c’est l’exécutif qui en sort gagnant, vu qu’il détient le moyen de coercition parfait, qu’est l’argent.

D’où cette suspicion de parti pris qui colle à la peau de l’institution, depuis 2010. Et ce n’est pas avec le nouveau président de la Ceni que l’on va se départir de cet apriori défavorable. Lui, qui semble faire dans le conformisme, en hâtant le pas pour la tenue d’une élection sans que les préalables ne soient remplis. Sans doute pour des raisons inavouées.