Présidentielle du 18 octobre : le vrai faux suspense d’Alpha Condé

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Ce jeudi 06 août, au palais du peuple, où se tenait la convention nationale du parti au pouvoir, devant des militants,  surchauffés et  faisant des ronds de jambes, le chef de l’État a répondu au choix porté sur sa personne pour briguer un troisième mandat, par des pirouettes. En véritable maître des horloges, Alpha Condé continue ainsi de faire durer le vrai « faux » suspense sur sa candidature à la présidentielle du 18 octobre prochain.

La convention du Rpg arc-en-ciel s’est achevée ce jeudi au palais du peuple, sans que le président Alpha Condé ne fasse connaître ouvertement ses intentions sur son éventuelle candidature ou non à la présidentielle du 18 octobre prochain. Même si cela ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il sera bel et bien dans les starting-blocks pour ce mandat de trop.

Dans son discours de circonstance, Alpha Condé dit avoir pris acte de la demande de ses militants, avant de se lancer dans un plaidoyer en faveur des frustrés de son parti.

Le président a profité de sa sortie pour plaindre le sort de ses partisans qui seraient aujourd’hui sur le carreau. Une sorte de clin d’œil aux indignés, qui seraient nombreux du côté de la Haute Guinée, notamment. Sans oublier la Guinée forestière.

Dans ses pirouettes en guise de réponse à sa candidature aux prochaines joutes électorales, le chef de l’État a versé dans un discours partisan. Preuve que près de dix ans après avoir accédé à la magistrature suprême, Alpha Condé a du mal à se défaire de la casquette de chef de parti. C’est comme si ce qui l’intéresse, c’est de faire gagner simplement son parti, pas la Guinée.

Il prêche donc en faveur d’un retour aux valeurs traditionnelles du parti, qui ont pour colonne vertébrale, la solidarité.

« Ce qui est plus choquant, quand quelqu’un s’est battu pour le parti pendant des années, se retrouve misérable et que les gens se moquent de lui, c’est plus humiliant. La force du RPG pendant les années de combat, c’est la solidarité et les affaires sociales. Il faut que le RPG revienne à cette tradition qui a fait sa force », recommande Alpha Condé.

Avant d’étayer ses propos par cette anecdote : « souvent, on m’interpelle parce qu’on ne peut pas être partout pour me dire que tel militant âgé a été délogé, parce qu’il n’a pas payé son loyer. C’est parce que les cadres intermédiaires qui sont entre le peuple et moi, ne jouent pas leur rôle. Je ne suis pas le bon Dieu… »

Un appel d’air aux cadres véreux, qui bénéficient ainsi d’un blanc-seing pour barboter dans nos caisses, pour financer des œuvres caritatives, uniquement destinées aux militants du parti au pouvoir.    

Le chef de l’État a aussi dans ce même  discours, renvoyé l’ascenseur à ses alliés de la Codecc, cette structure composée d’alliés, et qui sert de faux nez au Rpg.

Certains observateurs pensent que le président attendait que son homologue  ivoirien Alhassane Ouattara se prononce sur sa candidature à un troisième mandat pour jeter à son tour le masque. Maintenant que cela est fait depuis hier soir, le locataire du palais Sekhoutoureya, sait qu’il n’est plus seul dans cette aventure périlleuse.

L’opposition qui avait deviné bien avant les intentions du président de briguer un troisième mandat, promet de freiner des quatre fers contre cette velléité.  In fine, c’est la démocratie guinéenne qui prend un sacré coup. Car la Guinée n’avait plus besoin d’une présidence à vie.