Prévalence du VIH/Sida dans les zones minières : des stats qui font froid dans le dos

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En marge de l’Assemblée générale annuelle de la Chambre des Mines qui s’est tenue ce vendredi 28 juin, Dr Youssouf Koïta, Coordinateur national du programme de prise en charge sanitaire et de prévention des IST, VIH / SIDA a donné quelques statistiques sur la prévalence de cette pandémique dans les zones minières du pays.

« La prévalence du VIH Sida est de 1,5% dans la population en général. 3,6% sur les femmes en enceinte. Elle est de 5 à 6% chez la population des zones minières. Sur 120 mille séropositifs qui vivent en Guinée, il n’y a que 50 000 qui sont sous traitement. L’Etat guinéen investi 50 milliards de francs guinéens par an et le Fonds Mondial donne 10 à 11 millions de dollars par an. Ces fonds n’arrivent à prendre que 50% de la population qui sont dans le besoin. Tout l’enjeu se trouve dans les zones minières notamment Sangarédi, Kamsar, Friguia, CBK, Léro, la SAG, Gbenko et sans parler des zones qui ne sont pas reconnues officiellement. Bel-Air qui vient d’être créé, du carrefour de la grande circulation jusqu’à Koundindé, tout est devenu un gros village.  Moins de deux ans, les deux portions se sont complètement reliées à cause des exploitations minières.  Toute cette agglomération de populations amène avec elle, ses corolaires de VIH/Sida. Il faut que vous (les miniers, NDLR) aidiez le gouvernement et ses partenaires à lutter contre cette maladie. Ce sont les bras valides qui sont malheureusement touchés et des productivités pour lesquelles nous attendons, à avoir des résultats dans nos sociétés minières, ne sont exécutées que par ces bras valides. Des jeunes dont les âges varient entre 20 jusqu’à 40 ans au maximum sont tous à risque au VIH/Sida.  Dès qu’une zone minière s’ouvre, c’est une effervescence de population vers la zone. Prenons l’exemple des deux sous-préfectures qui entourent la SAG, Kintinian et Doko, sont les plus peuplées de la Guinée. Les gens y viennent tout simplement à cause de l’exploitation minière. Les gens viennent pour la facilité des gains. De plus en plus, les bailleurs de fonds se retirent dans la gestion du VIH/Sida en laissant la lourde responsabilité aux Etats. »