Prime d’incitation à Mamou : le précieux sésame qui pousse les cadres de la DPE et de l’IRE à reprendre la craie

511

Depuis quelques temps, les enseignants en situation de classe au niveau de l’enseignement pré-universitaire bénéficient d’une prime d’incitation. Cette bonification accordée par l’Etat à une certaine catégorique d’enseignants, fait des jaloux au sein du personnel enseignant notamment chez les encadreurs qui sont essentiellement constitués de Directeurs d’établissement, de cadres de la direction préfectorale de l’éducation et de l’inspection régionale de l’éducation. Les primes vont de 600 mille pour les enseignants en milieu urbain, 1 million pour ceux qui sont dans les chefs-lieux de la sous-préfecture et 1 million 300 mille francs guinéens pour les ceux évoluant dans les districts.

De nos jours, un enseignant dans les villages se retrouve avec un montant mensuel plus consistant qu’un cadre de la DPE ou de l’IRE. Aujourd’hui, cette situation a tellement fait des émules que certains parmi les encadreurs de Mamou ont décidé de retourner dans les classes dans l’espoir d’être de figurer sur la liste des bénéficiaires de ladite prime. 

Comment en est-on arrivé à cette situation ? 

A la suite de la grève déclenchée par le SLECG dirigé par Aboubacar Soumah en 2019, le gouvernement, pour satisfaire la revendication des enseignants, avait procédé au contrôle physique de l’ensemble des enseignants du pays. L’objectif était d’assainir le fichier des enseignants pour identifier les fictifs et accorder des primes aux enseignants en situation de classe. Plus de 5400 cas fictifs dont des cas de décès avaient été décelés. La masse salariale qui était indûment engloutie par des fictifs, a été repartie aux enseignants en situation de classe.

A Mamou, les enseignants avaient au départ massivement respecter le mot d’ordre de grève. Les jours qui ont suivi, les enseignants ont été menacés par les encadreurs de reprendre les cours. Des listes d’absence ont été établies quotidiennement et remontées jusqu’au département de tutelle.

Les enseignants qui ont respecté le mot d’ordre de grève ont vu leur salaire gelé pendant plusieurs mois.

A la reprise des cours, les salaires gelés avaient été entièrement payés aux grévistes et ils ont bénéficié par la suite de la prime d’incitation.

Après une année, les encadreurs se sont sentis lésés. Ils ont subi le contre coup de leurs actions. Beaucoup parmi eux à Mamou se sont retournés en classe pour dispenser dans les établissements secondaires.