Pris sur le vif : curieux étal pour vendeuse à la sauvette !

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La nouvelle de ce poteau d’éclairage public percuté et mis à terre par un automobiliste inconnu n’est même pas décrochée du tableau d’affichage de votre quotidien électronique guineenews. org que cette autre image sur les mêmes lieux captive notre attention. Et nous la fixons sans attendre pour en parler avec vous.

Nous sommes au lendemain de l’accident. La police venait à peine de rétablir la circulation, après s’être efforcée à grands renforts de biceps de tirer, soulever et  placer le lourd fardeau dans le sens du terre-plein central. L’opération n’était même pas finalisée, comme on le voit à l’image, il restait encore à enlever les hors-tout qui pouvaient accrocher les usagers de passage. Fait curieux, voire insolite, cette jeune fille n’a pas hésité à venir s’installer tranquillement sur les débris non encore polis du poteau à terre ou ce qui en reste. Elle expose là ces petits gadgets à vendre, le terre-plein lui servant d’étal et de siège et la colonne de l’ampoule d’éclairage reposant au sol, de repose-pieds. Un pagne recouvre quelque chose qu’elle surveille, tout à côté du cadre destiné aux annonceurs.

Simple bêtise, ignorance, fanfaronnade ou témérité ? En tout cas, la voici assise avec un zeste d’assurance sur les débris de l’accident de la veille. Elle ne semble pas intégrer le fait de sa survenue et la probabilité qu’il se répète encore. Ce qui est pourtant du domaine du possible. A toujours prendre en compte, sans stresser outre-mesure.

Et quand nous pensons que peu de temps après, des dizaines d’autres jeunes, garçons et filles adeptes de la vente à la sauvette allaient squatter le même endroit et plus loin encore, toute la journée, il y a lieu de se poser des questions. Leur présence massive le long de l’autoroute donne le tournis à maints automobilistes et motocyclistes. Sur des kilomètres dans les deux sens, ils sont sollicités, distraits, envahis, perturbés par des gestes et des interpellations fusant de tous les côtés. Des jeunes des deux sexes, âpres au gain et increvables au footing proposent aux passants, coincés dans les embouteillages, toutes sortes de produits, des plus anodins aux plus originaux.

Ils sont les uns, assis ou debout sur le terre-plein, déambulant le long de la chaussée, articles tenus en mains, sous les aisselles, sur la tête, brandis à bout de bras ou entreposés sur le terre-plein tenant lieu d’étagère. Ils s’époumonent tous à vouloir ‘’harponner’’ le maximum de clients. A ce moment, c’est la course au gain. La  prudence attend. Jusqu’ici, nous n’avons connaissance d’aucune règlementation spécifique qui prend en compte ce phénomène.

S’il est vrai que cette activité occupe ces centaines ou milliers de jeunes et les protège du cercle vicieux de l’oisiveté, il est tout autant vrai aussi que les risques d’accident auxquels ils s’exposent sont plus importants que les avantages qu’ils tirent en vendant sur la route.

Tant que l’embouteillage perdure, ils tirent leur compte, mais qu’adviendra-t-il quand on aura enfin une circulation moderne, fluide, rapide et harmonisée ? En plus, si cet accident contre ce poteau s’était produit en plein jour, pendant qu’ils sont agglutinés là par dizaines, quelle situation aurions-nous vécue ?

Aux décideurs d’y réfléchir et de mettre en route dès maintenant, les palliatifs nécessaires à la gestion de cette problématique sensible, aux nombreuses ramifications.