Prison civile de Lélouma : Le juge de paix tire la sonnette d’alarme !

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Le bâtiment abritant la prison civile de Lélouma est dans un état de délabrement très poussé. Ce bâtiment colonial aurait servi de premier centre de santé pour les populations de la commune urbaine avant d’être octroyé à la justice. Non clôturé avec des tôles rouillées et noircies par le temps sur lesquelles des vieux pneus sont posés, ce bâtiment laisse un visage dégradant à la justice guinéenne.

« (…) Ce n’est pas une maison qui a été construite pour abriter les prisonniers. C’est un ancien centre de santé  qui a été octroyé à la justice. Donc ça veut tout dire. Aujourd’hui le problème que nous avons est que le régisseur n’a pas de bureau. Il n’y a pas de pharmacie. La prison civile n’est pas aussi clôturée. Donc cela est source d’insécurité. Parce-que vous n’êtes pas sans savoir aussi qu’une maison faite en « banco », non seulement la réalisation n’a pas de sécurité mais également s’il n y a pas de murs de clôture, les prisonniers, pendant qu’ils font leurs corvées peuvent profiter pour s’évader. Donc, c’est le grand problème que nous avons actuellement avec la prison civile « , regrette Mamady Lazare Bauré, le juge de paix de Lélouma.

Quant aux conditions de détention des prisonniers, sur le volet santé, selon toujours le juge de paix, des problèmes persistent.  » A cela, s’ajoute l’aspect santé médicale. Nous avons des problèmes par rapport à la santé des détenus et des condamnés. Quand ils sont malades, lorsqu’ils sont consultés, le problème de médicaments se pose le plus souvent. Et nous n’avons pas où trouver ces médicaments. Et nous sommes obligés de faire recours aux parents « , déplore M. Bauré.

Sur la même lancée, il y a aussi le problème lié au déficit de gardes pénitentiaires. Actuellement, la prison civile ne compte que trois gardes. Une situation qui préoccupe le juge de paix qui attire l’attention de la direction nationale de la garde pénitentiaire.

« Nous avons actuellement un problème. Parce-qu’il n y a que trois agents de l’administration pénitentiaire. Le régisseur, le gardien et son adjoint. Nous attirons toujours l’attention des autorités de la direction nationale de l’administration pénitentiaire pour doter la prison civile de Lélouma en gardes pénitentiaires. Le besoin se fait sentir. On a besoin de suffisamment de gardes pénitentiaires pour sécuriser non seulement les locaux mais aussi faire en sorte que les détenus se sentent en sécurité« , explique-t-il.

Et de poursuivre :  » le problème qui se pose est un problème de sécurité. Dès lors qu’un citoyen est condamné ici à deux ans ou plus de prison ferme, tout de suite, il y a la crainte de l’administration pénitentiaire par rapport à sa sécurisation. Donc souvent nous faisons recours à la maison centrale de Labé. Les détenus qui purgent une lourde peine, nous faisons en sorte qu’un ordre de transfèrement soit signé pour qu’ils partent purger leurs peines à la maison centrale de Labé où nous estimons que celle-là est mieux sécurisée et adaptée pour cela ».

Revenant sur les perspectives de la justice de paix de Lélouma, M. Lazare compte se battre pour l’amélioration des conditions de vie des magistrats et des officiers de la police judiciaire. Et faire en sorte que le cadre de travail soit adéquat. Clôturer non seulement la prison civile mais aussi la justice de paix, promet-il. Il projette également de construire une pharmacie pour la prise en charge des détenus, rajoute l’homme en robe.