Prix théâtre RFI 2020 : Thiâ’nguel revient sur son sacre dans « Sans Concession »

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Vainqueur du prix RFI Théâtre 2020 récemment décerné, Souleymane Tiâ’nguel Bah est revenu sur ce succès international dans l’émission « Sans Concession » de votre quotidien électronique Guinéenews.

Le fondateur de la compagnie ‘’Laborato Art’’, est auteur de plusieurs pièces. Mais c’est avec sa pièce « la cargaison » que Tiâ’nguel remporte ce prix qui lui procure beaucoup « d’honneur, beaucoup de fierté et beaucoup de bonheur », selon ses propres termes.

« (…) Beaucoup de plaisir mais aussi beaucoup de fierté », eu égard au parcours. Après une première participation en 2016, année à laquelle l’auteur de la ‘’Cargaison’’ n’avait pas été sélectionné, il a été parmi les 13 sélectionnés en 2018, avant de sortir vainqueur en 2020.

En plus, il est revenu sur la qualité des participants à cette compétition théâtrale, avec un accent sur Akim Bah, un autre Guinéen vainqueur du prix en 2016.

Artiste dans l’âme, Tiâ’nguel est aussi politiquement engagée depuis environ une décennie. C’est sans doute, du moins en partie, ce qui motive ce projet fortement inspiré par la situation politique guinéenne. Notamment les violences meurtrières enregistrées dans le combat contre le troisième mandat d’Alpha Condé. Même si, en dépit de sa situation d’exilé politique, Souleymane Bah se réjouit du fait que ce prix ait permis qu’on parle de la Guinée autrement…

« La cargaison », selon son auteur a une démarche particulièrement originale en ce sens que dans cette pièce en lieu et place du dialogue habituel, il a donné la parole à des cadres, des cimetières et autres objets funéraires.

Pour ce qui est de sa particularité, « la cargaison », « il y a une sorte de polyphonie monologuée d’une certaine manière. Donc au lieu que ce soit des personnes qui parlent, la démarche a été de faire parler les morts », explique-t-il.

Ajoutant qu’il s’agit « de faire de sorte que ce soit eux-mêmes (les morts ndlr) qui parlent de la situation dans laquelle ils sont venus. Autour de ces morts aussi j’ai fait parler de tous les objets, le corbillard, le cimetière, les cercueils, la chambre froide. » Et que « tous ces objets qui sont d’une certaine façon fatigués de recevoir les mêmes corps. Le cimetière par exemple qui n’a plus envie d’enterrer, le corbillard qui n’a plus envie de porter les mêmes corps… Les personnages parlent y compris un bébé qui est dans le ventre de sa maman, pour qui, on n’est en train de s’amuser sans prendre la mesure de la situation… »

Une « démarche originale » grâce à l’aquarelle l’artiste procure du plaisir à l’exilé politique.