Problématique de l’assainissement de la ville de Conakry : Quelles sont les mesures envisagées par Papa Koly ?

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Conakry, autrefois considérée comme la perle de l’Afrique, a vu son visage complètement dégradé ces dernières années. Pour cause, elle devient de plus en plus sale surtout en  période d’hivernage. Et c’est le cas actuellement. Invité samedi par Guineenews.org via son compte Facebook, le ministre en charge de l’Hydraulique et de l’Assainissement est revenu sur cette problématique en Guinée. Papa Koly Kourouma a évoqué les causes de l’insalubrité de la ville de Conakry et les mesures envisagées par le gouvernement avec l’appui des partenaires pour redonner à Conakry son image d’antan.

A son arrivée à la tête du Département de l’Hydraulique et de l’Assainissement, explique-t-il, la première chose à faire était de faire le « constat ».  « Nous avons essayé de faire le constat pour voir le volume du travail qui nous attend. Nous avons sillonné Conakry. Je prends juste un seul exemple. C’était sur la route de Yattaya où un dépôt sauvage avait été créé. Il y avait au moins dix ou 15 points noirs à Conakry à mon arrivée.  A la date d’aujourd’hui, ce point de décharge sauvage a été rendu propre  et une infrastructure a été créée à ce niveau pour en faire un dépôt de regroupement où on va déposer des bac à ordure.  

Dans le cadre du PDU trois, il y a plus de 70 points de regroupements. A notre arrivée, il ne restait que 4. Il y en a qui ont été utilisés pour faire des garages, des ateliers, des habitations. Il a fallu qu’on se mette à cheval pour demander pour qu’on puisse reconstruire parce que toutes  les infrastructures, qui y étaient, ont été toutes démolies. Je suis en train de les reconstruire à grands coups. Pour construire un seul, c’est entre 900 et 950  millions de francs guinéens. Il y a le mauvais comportement des citoyens et des gouvernants que nous sommes. Une place de salubrité est en gestation », dit le ministre.

Dans le but de rendre la capitale propre, le département a élaboré une politique « basée sur la politique du pollueur payeur. Seules les PME ont la charge de passer les contrats directs avec les ménages sous le contrôle des autorités locales. Elles vont la pré-collecte et amènent aux points de regroupements. »

A partir de ce point de regroupement,  précise Papa Koly Kourouma, « c’est l’Agence nationale de salubrité publique  qui se charge de transporter ces ordures au point de regroupement vers la décharge. Aujourd’hui, nous sommes en train de changer la méthode utilisée avant nous qui consister à incinérer les déchets ».

Selon lui, « l’Agence nationale de salubrité publique (ANSP) à travers le gouvernement  a signé un contrat avec une entreprise turque qu’on appelle Albayrak qui a pour charge de balayer l’ensemble des artères de la ville de Conakry, d’assurer la pré-collecte dans la ville de Kaloum en lieu et place des PME et de transporter les ordures aux points de regroupements vers les décharges. »

Interrogé sur les ordures déversées par les eaux pluviales, le ministre accuse les citoyens : « les ordures que vous voyez après les pluies, ce sont tout simplement des ordures que des citoyens, au lieu d’utiliser les PME, qui peuvent envoyer les ordures dans les points de regroupement puisque c’est payant, ils préfèrent les jeter dans les caniveaux. Or, les caniveaux sont faits pour le drainage des eaux usées. » Or, souligne-t-il, « pour éviter cela, il faut que les citoyens  aient la bonne manière en gérant leurs déchets et il faut qu’on évite de faire des caniveaux des dépotoirs. »

Décharge de Dar-Es-Salam, un point noir au cœur de Conakry

La décharge de Dar-Es-Salam, connue pour sa dangerosité à cause de sa proximité des habitations, devrait être délocalisée à Coyah. Malheureusement, depuis 2017, rien n’a été fait du moins de concret. A cet effet, le ministre a évoqué quelques difficultés liées à la distance, aux travaux sur le site et aux moyens matériels. « Le site de la nouvelle décharge se trouve entre 60 et 70 km dans Coyah. Il faut des équipements suffisants pour pouvoir drainer les ordures de Conakry à ce nouveau dépotoir », annonce-t-il.

Pour cela, le ministre Kourouma a enfin indiqué qu’une levée des fonds et une étude de faisabilité sont en cours pour matérialiser cette idée de débarrasser Conakry de la décharge de Dar-Es-Salam.