Problématique du transport d’hydrocarbures en Guinée : le choix des indépendants et affidés en question (suite et fin)

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Comment et pourquoi charge-t-on les indépendants et affidés alors qu’ils ne remplissent pas les critères en vigueur ?

Cette question laisse pantois tous ceux qui y ont frotté le nez, ne serait-ce qu’une fois. Il s’agit d’un secteur à gros risques, certes, mais à grands profits surtout, affirme-t-on. Cela attire bien du monde dans cette sorte de nébuleuse à structure indéfinissable, sans traçabilité, où l’omerta est la règle. On entend, on voit, mais personne ne parle ou n’explique quoi ce soit. Les curieux, passez votre chemin ! Le pétrole, c’est l’or noir, non ? Tout est dit ou presque. Dans un premier temps, nous allons tenter de comprendre pourquoi on charge ces camions, en nous focalisant sur le comment. Ainsi cet aspect, une fois dépouillé et bien compris, nous permettra de lire assez clairement entre les lignes, en attendant une stratégie plus efficiente, pour obtenir une réponse plus évidente. De prime abord, le constat est clair et sans ambages. Nous sommes en présence d’un phénomène bizarre qui rend perplexe et porte préjudice à ceux qui sont dûment affiliés aux sociétés pétrolières et remplissent les critères exigés. Les indépendants et autres, malgré leur état technique qui laisse à désirer, pour bon nombre d’entre eux, malgré qu’ils ne satisfont pas à moult critères exigés par la profession, continuent d’acheter et de distribuer tranquillement du carburant dans tout le pays. Ils circulent à toute heure, même la nuit. Pendant ce temps, pour les autres qui sont les ‘officiels’, reconnus par les sociétés pétrolières, on leur impose les règlements en vigueur avant d’accéder au dépôt pour être chargés. C’est à se demander pourquoi, lorsqu’on nous rapporte pareille situation. Pourquoi et comment sert-on facilement les non en règle, tout en sachant les graves dangers qu’ils font courir aux populations, à l’environnement et à tout le pays ? Pourquoi et comment laisse-t-on ces camions hors norme, accéder au dépôt, oubliant que le danger est partout et qu’il est, comme le diable, souvent dans les détails. Oubliant surtout que le quartier Coronthie qui abrite les dépôts est situé au cœur de la capitale. Et qu’il suffit d’un rien pour que le pire se produise. Une erreur, une imprudence, une négligence ou une faute, c’est du domaine du possible, c’est vite arrivé. Par le fait de l’homme qui n’est jamais parfait. Surtout celui qui n’est pas protégé, qui ne sait pas se protéger ou qui n’en comprend pas la nécessité, se contentant d’apprendre juste, de manière empirique, sur le tas.

Vulgariser et renforcer la sécurité du transport pétrolier, un passage obligé pour réduire les accidents

Il faut intégrer les normes en vigueur pratiquées par les sociétés pétrolières de la place dans les cahiers de charges de tous les transporteurs et les contraindre à en respecter le contenu. Si c’est déjà fait, il faut alors réactiver les procédures et en durcir la faisabilité. Sans nommer lesdites sociétés, on les reconnaît à leurs logos respectifs, on peut énumérer quelques-uns des critères qui forgent leur réputation de structures réussissant le bilan de zéro accident par an. Parmi ceux-ci, le tout premier repose sur la formation, la certification et le recyclage permanent des chauffeurs. Ensuite, vient le contrôle du véhicule qui est scrupuleusement suivi au plan technique. La réactivation de la visite technique ces derniers temps, va constituer un appoint appréciable à ce contrôle interne, déjà minutieusement assuré par les sociétés pétrolières, avant tout chargement de produit au dépôt.

Les suivis et contrôles systématiques des camions en déplacement ont commencé par l’utilisation, dans un premier temps, du système dit OBC. Aujourd’hui, le secteur s’est adapté à l’évolution technologique et les mêmes suivis et contrôles se font en temps réel et par satellite. Ces éléments de contrôle, sont institués pour le respect des règles fixées par les sociétés pétrolières. Parmi elles, on peut citer des obligations: le contrôle de l’habilitation du chauffeur, le contrôle du véhicule et du chargement avant tout départ, le respect de la vitesse prescrite( 30km/h en ville pour les deux sociétés et pour la rase campagne : Total, 50 et Shell Vivo, 60) et du temps de repos des chauffeurs, le port constant de la ceinture de sécurité, et des interdictions : pas de téléphone au  volant, pas d’alcool ou de drogue, pas de conduite de nuit, pas de passagers à bord du véhicule. En même temps, des séries de préparations sont aussi organisées à l’interne pour former le personnel aux réactions efficaces à adopter en cas de départ de feu. Des activités renforcées par des exercices pratiques d’extinction de feux et de premiers secours aux victimes d’accident, etc.

Les chauffeurs sont aujourd’hui, effectivement suivis, où qu’ils se trouvent sur le territoire national. Les possibles manquements qu’ils commettent au volant sont immédiatement pris en compte et analysés au prochain feed-back avec eux. Avant toute sanction éventuelle. C’est au prix de ces contraintes ou exigences assez pénibles aux yeux de certains, que le pari de zéro accident est gagné chaque année par la majorité des transporteurs d’hydrocarbures du secteur affilié aux sociétés pétrolières.

Pour peu qu’on veuille bien développer et pérenniser cette activité chez nous, il faut avant tout et nécessairement, la sécuriser. C’est une condition essentielle et incontournable. Autant y faire face dès maintenant, avec conviction, engagement et responsabilité.

L’optimisme est permis

Beaucoup d’indicateurs actuellement affichés, incitent à l’optimisme. En érigeant ce secteur pétrolier au rang de département ministériel, les autorités émettent un signal fort pour traduire leur détermination à davantage booster le développement national dans lequel ce volet d’hydrocarbures occupe une place de choix. Cette volonté politique montre qu’au plus haut niveau on a bien perçu l’importance de ce secteur, ce qui a conduit à lui conférer un statut aussi prestigieux. Des séries de mesures sont prises depuis, pour mieux le structurer en vue de conférer plus de qualité et de dynamisme aux activités liées au transport d’hydrocarbures. La problématique abordée dans ce dossier fait partie des objectifs que le jeune département se fixe à atteindre dans le court terme. Il s’y emploie déjà avec le soutien manifeste des acteurs qui sont motivés à accompagner tout changement dans les méthodes de travail. Dans ce sens, les syndicats, l’union des transporteurs de carburant, les patrons de parcs et les chauffeurs conviennent tous de l’utilité de ces réformes pour garantir une sécurité et un développement continu du secteur.

C’est là que se fonde tout l’espoir formulé pour le développement national à travers une protection renforcée des populations, contre les accidents des transporteurs de produits pétroliers.