Procès meurtres de Mme Boiro et Temple Cole: réactions croisées des avocats des deux parties

novembre 5, 2018 11:55
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Le procès dans le dossier du double assassinat de Paul Temple Cole et de Mme. Aïssata Boiro s’est poursuivi ce lundi 5 novembre au tribunal de première instance de Dixinn.  Au cours de cette journée de débats deux sur la douzaine de prévenus ont comparu devant le tribunal. Il s’agit de Mohamed Sankhon,  alias « Léonais », et de Elhadj Oumar Barry alias « El Oumar ».

Accusés pour, entre autres, ‘’association de malfaiteurs, vol à main armée, assassinat et tentative d’assassinat’’, ces deux prévenus ont nié en Bloc les  faits qui leur sont reprochés.  Au sortir de l’audience, les avocats de la partie civile et de la défense ont, chacun, livré leurs sentiments.

Au moment où Me Salif Béavogui, représentant les héritiers de Mme. Boiro, estime que les accusés s’inscrivent dans une logique de négation pour brouiller les pistes sur cette affaire. Me Mohamed Abou Camara, avocat de la défense, parle plutôt  d’une ‘’affaire montée de toute pièce’’ qu’on veut faire porter à ses clients.

«Le premier, c’est celui qui détenait l’arme ayant servi à l’assassinant de Paul Temple Colle et de Mme Aïssata Boiro. Ils ont, malgré la pertinence des faits et toutes les déclarations qu’ils ont eues à faire… depuis la poursuite jusqu’à l’assassinat de ces deux personnalités, Mohamed Sankhon et Elhadj Oumar sont aujourd’hui devant la barre. Ils tentent de nier ce qui n’est pas possible de nier. Parce que c’est déjà écrit et signé. A l’allure du procès, toute la lumière sera faite sur ces assassinats de Mme Boiro et de M Temple Cole», a fait savoir Salif Béavogui avant de préciser: «les accusés sont dans le droit de nier les faits  qui leur sont reprochés pour se défendre. Mais les faits sont têtus et on ne peut pas, par un simple mensonge, remettre en cause un dossier instruit depuis 2012.»

Après avoir réfuté en bloc les accusations portées contre lui, l’un des clients de Me. Mohamed Abou Camara, en l’occurrence le Léonais accuse le général Mohamed Gharé d’avoir monté de toute pièce cette affaire en vue de les incriminer et demande sa comparution. Une requête que soutient son avocat, Me. Abou Camara.

 «Si vous voyez que Mohamed Sankhon tient à la comparution d’une haute personnalité du pays, c’est qu’il y a quelque chose qu’il a dit qui soit vrai. Parce qu’aux dires de Mohamed Sankhon, ce dossier  est monté par le général Mohamed Gharé (actuel gouverneur de Kankan, ndlr). C’est pourquoi il (Mohamed Sankhon, ndlr) souhaite une confrontation entre eux. C’est pour cela que depuis le début, Mohamed Sankhon souhaite que le général Gharé comparaisse et qu’il s’explique devant lui sur les faits et ce qu’il est en train faire dire à mes clients. Très malheureusement, on dirait que le tribunal ne semble pas  nous écouter», s’est lamenté l’avocat de ma défense. Et d’ajouter : «je crois en l’innocence de mes clients jusqu’à preuve du contraire. Dans toutes les procédures pénales, il y a ce qu’on appelle la présomption d’innocence qui doit commander toute la procédure jusqu’à la fin. C’est un montage pur et simple. Parce que dans la procédure pénale, la loi voudrait que tout accusé soit assisté d’un conseiller de son choix ou un autre qu’on a désigné pour l’assister. Mais dans cette affaire cette procédure a été violée. Car, aucun d’entre eux n’en a fait cas. Donc, on leur fait dire ce qu’ils n’ont pas dit et dans des conditions de torture qui ont conduit d’ailleurs à la mort d’un certain M’Bèwa qui aurait dénoncé Sankhon et El Oumar.»

A noter que l’audience a été suspendue et renvoyée à la semaine prochaine.