Prochaines législatives : Dr Faya soupçonne déjà le ministère de l’Administration de frauder les élections…

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En dépit de la présence des représentants de certains partis de l’opposition au sein de la nouvelle CENI (Commission électorale nationale indépendante), sa mise en place, bien que souhaitée par l’ensemble des acteurs politiques, est loin de rassurer tout le monde. C’est le cas du Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral (BL) qui doute déjà de l’efficacité de cet organe.

Pour le président du BL, les acteurs politiques guinéens ne donnent pas l’impression de se battre pour l’intérêt du peuple, mais plutôt pour leur intérêt. « Sommes-nous en train de nous battre pour l’intérêt général ou pour l’intérêt de chacun ? », s’est-il interrogé pour dénoncer la démarche ayant conduit au choix des commissaires de la CENI.

Le président du BL rappelle que l’accord politique de 2015 ne se limitait pas seulement à changer les hommes et les femmes qui allaient composer la CENI, mais il s’agissait de changer la forme de CENI pour en faire une CENI technique.

Pour lui, la seule chose qu’il identifie de positive aujourd’hui, c’est la diminution du nombre de commissaires de 25 à 17.

«Au lieu de 25 voitures VA qui vont coûter des milliers de litres de carburant par mois, il y aura donc 8 voitures, 8 salaires et 8 primes qui seront épargnés. Mais on aurait pu aller plus loin. On aurait pu avoir un maximum de 9 commissaires à la CENI en identifiant clairement le profil de ceux et celles qui vont la composer. La CENI a besoin de spécialistes en communication, en formation, en logistique, en droit électoral, etc. On peut clairement définir le profil et confier même à un cabinet privé qui lance un appel d’offres et qui permet de recevoir les CV et d’interviewer les gens pour sélectionner 9 personnes. Cela nous aurait épargné davantage de l’argent et on aurait trouvé une CENI non-partisane qui pouvait nous organiser de meilleures élections», estime-t-il avant d’ajouter qu’aujourd’hui, « c’est bonnet blanc, blanc bonnet ».

Il craint que les mêmes leaders qui ont eu du mal à se répartir le nombre de commissaires à la CENI, soient encore les premiers à critiquer cette institution au lendemain des élections à venir. «Nous serons très surpris d’entendre des partis critiquer la même CENI qu’ils nous ont donnée. C’est ce qui nous déçoit. Beaucoup pensent qu’on est déçu de cette loi parce qu’on est exclu, non ! Ce qui est plus grave dans cette loi, c’est le fait d’enlever les compétences de la CENI pour les affecter au ministère de l’Administration du Territoire. Nous soupçonnons déjà le ministère de l’Administration du territoire de frauder les élections en ayant une paire d’urne », lance Dr Faya Millimono.

Et de conclure : « Maintenant que c’est lui qui va fournir les urnes, il peut même avoir trois pairs d’urnes. Donc la falsification doit être faite pour que les résultats sortis des urnes soient davantage très loin de ce qu’on va nous dire après. Cela n’est pas de nature à construire la paix dans notre pays. C’est en cela qu’on ne devait même pas accorder à cette législature un jour de plus tellement elle a été négative ».