Promesses de campagne: Alpha Condé ou la stratégie du miroir aux alouettes

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Le chef de l’État, en tant  qu’atout maître de son parti, a pris les devants dans la dernière ligne droite de la campagne électorale. Dans ses tournées en provinces, Alpha Condé, comme à son habitude est prodigue en promesses.

Les  clins d’œil du président s’adressent surtout aux militants de la première heure du Rpg. Qu’il s’engage pour la énième fois à réhabiliter, surtout matériellement, en leur offrant un habitat et de quoi passer leurs vieux jours.

Et qu’en cas de décès, ce sont leurs héritiers qui bénéficieront de cette magnanimité du président.

Dans ces tournées de campagne, le président rappelle à qui veut l’entendre, que le Rpg n’est pas un parti ‘’ingrat et qu’une commission mise en place pour venir en aide aux militants nécessiteux est désormais opérationnelle. C’est l’honorable Saloum Cissé qui est chargé de son fonctionnement.’’

Ce genre de  discours lénifiants a toujours permis à Alpha Condé de faire florès, auprès de son électorat. C’est possible que la mayonnaise prenne encore cette fois-ci. Même si la plupart des militants auxquels il s’adresse, sont en réalité désabusés. Vu que le chef de l’Etat a préféré s’entourer d’anciens apparatchiks du système Conté, depuis son élection en 2010. Ou d’opportunistes attirés par les lumières du palais. C’est avec ceux-ci qu’ils gouvernent.

Nous avons eu au fil du temps, de nombreux témoignages de militants qui ont usé leurs chaussures entre la Guinée forestière ou la Haute Guinée et les portes du palais Sékouthouréa. Se heurtant à chaque fois à un mur.

Les plus chanceux de ces « rpécistes » bénéficient d’une poignée de main du ministre des Affaires présidentielles, suivie  d’une recommandation auprès du chargé des affaires sociales Dr Mamadou Balo. Mais en vérité, les résultats sont rarement à la hauteur des attentes.

Mais comme le disait Jacques Chirac, « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

Les détracteurs du président  déplorent toutefois qu’il ne semble se soucier que du sort de ses militants. Et que ses discours prouvent encore une fois de plus  que les Guinéens ne seraient pas logés à la même enseigne. D’autant que les moyens utilisés pour récompenser les « anciens » militants émaneraient de l’argent public.

Par ces temps de tension, cette politique du « deux poids deux mesures » ne peut qu’en rajouter à la frustration.

L’autre fait à ne pas passer sous silence est le rôle prépondérant joué par les médias privés dans la promotion du champion du Rpg, sous la deuxième république. Ils en faisaient même un peu trop, pour dire vrai.

Alpha Condé qui était entre deux avions, et qui passait le clair de son temps aux bords de la Seine, avait, il faut le reconnaître la part belle dans le traitement des hebdomadaires de l’époque. « Même si aujourd’hui, il y a certains qui se sont appropriés ce combat à leur profit. Se faisant passer aux yeux de l’opinion comme étant les vrais amis du président », fulmine un confrère, malade et sans soutien.

On ne peut cependant en vouloir à Alpha Condé, qui comme la plupart des  gens  qui parviennent au sommet de l’Etat, a pu  souffrir de ce que les sociologues appellent le syndrome du gagnant. Il s’agit du fait d’oublier ses amis des périodes des vaches maigres.