Promesses présidentielles : le scepticisme des confectionneurs de briques artisanales de Kankan

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Dans son discours tenu le vendredi dernier à l’esplanade de la place de martyr de  Kankan, le président de la République a annoncé pour la énième fois, l’interdiction de la fabrication artisanale de briques le long du fleuve Milo. Mais comme en 2015, l’application de cette mesure ne semble pas être d’abord d’actualité.

Aussi bien hier qu’aujourd’hui, le long du fleuve Milo se trouve envahi par les confectionneurs artisanaux de briques en terre cuite. C’est une activité génératrice de revenu pour de milliers de personnes, notamment des jeunes diplômés sans emploi.

Pour ne pas les mettre tous au chômage, le président de la République a aussi promis de les octroyer dans un délai non déterminé des machines de fabrication automatique de briques en terre stabilisée.

Même si Lancinè Kaba, président des confectionneurs se dit conscient des conséquences néfastes de leur activité sur l’environnement, il déplore aussi les promesses du président qui ne se réalisent pas.

 « Nous savons bien que la pratique de cette activité détruit l’environnement. On n’a pas d’autres alternatives. La première promesse du président  n’a pas été réalisée jusqu’à présent. C’est vrai que nous restons à attendre, mais en vérité nous n’avons personne qui nous vienne en aide. Nous avons reçu la visite du Préfet de Kankan Aziz Diop, mais lorsque les machines sont venues, au lieu de nous les remettre, ils les ont octroyées aux entrepreneurs plus puissants »,  a-t-il dénoncé.

En attendant d’avoir la version du préfet sur ces accusations, le scepticisme se lit chez les confectionneurs de briques en terre cuite.

Difficile d’espérer pour eux, mais Lafélé Sakovogui, étudiant et jeune confectionneur de brique en terre cuite garde encore de l’espoir. Il est certain que le président fera vernir des machines pour eux mais redoute encore qu’elles soient allouées à d’autres personnes.

« Ils nous ont promis, ils ont dit qu’on aura des machines, nous espérons que cette fois soit la bonne. Qu’on nous procure vraiment ces machines. Parce qu’on aspire tous à pouvoir confectionner nos briques dans de meilleures conditions de travail», a-t-il lancé.

A rappeler que c’est en 2015, en marge de la tournée de campagne pour sa réélection qu’Alpha Condé avait déclaré à Kankan pour la première fois,  l’interdiction de cette activité tout en promettant de donner des machines de fabrication aux travailleurs.

Par ailleurs toutes nos tentatives de joindre le préfet Aziz Diop pour sa réaction, sont restées vaines jusqu’au moment où nous mettons en ligne cette dépêche.