Psychodrame à la CENI: sept commissaires se retirent du processus électoral

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L’union sacrée qui a caractérisé la commission électorale nationale indépendante CENI version «Salif Kébé II » est en train de voler en éclat. C’est ce que Guineenews retient des derniers développements enregistrés au niveau de l’institution en charge de la gestion électorale, notamment le passage du commissaire Safa Tounkara chez nos confrères d’espace FM ce mercredi.

Invité de l’émission les grandes gueules de ce mercredi, Mamadou Safa Tounkara n’était pas en terrain conquis. Rattrapé qu’il est par des propos récemment tenus à la faveur de l’opération d’enrôlement qu’il critique finalement. Cela dit, le directeur adjoint du fichier électoral à la CENI a pu trouver des arguments pour soutenir sa nouvelle position.

En l’occurrence, il a dénoncé «l’implication des forces de défense et de sécurité dans la gestion des CAERLE», avec un cas pratique qu’il a vécu en personne du côté de Sanoyah, dans les périphéries de Conakry.

 Sur le plan technique, il parle d’un «logiciel qui est bon,  mais dont  l’usage en est autre». Et pour tout résumer, M. Tounkara avertit que «le fichier en gestation ne peut aboutir qu’à une catastrophe ».

Une sortie tardive mais qui s’inscrit visiblement dans une dynamique commune des commissaires issus de l’opposition, qui multiplient les initiatives pour dénoncer un processus électoral auquel ils ont pourtant pris activement part jusque-là. En tout cas officiellement.

Pour rappel, tout a commencé par une déclaration de l’un des vice-présidents, Mamadou  Bano Sow,  de l’union des forces démocratiques de Guinée (ufdg), principal parti de l’opposition. Dans ce document publié juste après le point de presse animé par le président de la CENI lundi, le commissaire protestataire a fait un réquisitoire sévère contre l’opération de recensement qui vient de se terminer. Un réquisitoire suivi d’un procès contre Me Salif Kébé et ses agissements à la tête de la CENI.

Dans les heures qui ont suivi, c’est le commissaire Alhassane Makanéra Kaké de l’union des forces républicaines (UFR) qui annonce aussi qu’il suspend sa participation au processus devant mener au législatives, tout en précisant qu’il garde son statut de commissaire. Et dans la foulée, ce sont l’ensemble des 7 commissaires désignés par les partis de l’opposition qui font une déclaration commune pour annoncer qu’ils se retirent tous du processus, mais restent en poste.

Dans ce document, ils reprochent aux entreprises Innovatrics et ETI Bull recrutées pour les opérations d’enrôlement de se substituer aux commissaires de la CENI. « … Il est avéré que sur le terrain, ces deux entreprises ont plus d’emprise sur les opérations que la CENI », affirme-t-ils. Et de «condamner » selon le document, « cette forme de confiscation des données et cette mise à l’ écart des commissaires dans le traitement des données au site central. »

Dans le même registre, les  sept (7)  commissaires dénoncent le fait que « la migration et la consolidation des données des fichiers de 20I5 et de 20I8 soient faites au site central par lnnovatrics et que les résultats de ces travaux n’aient jamais été présentés en plénière. »

Et de condamner encore « ce mépris vis-à-vis des Commissaires Chef de mission et cette attitude du Président à vouloir alimenter les conflits et favoriser la violation de la hiérarchie institutionnelle.

Quelques recommandations tout de même

Mais en dépit de l’incompréhension d’une partie de l’opinion quant au fait pour ces commissaires de quitter le processus électoral tout en restant à la CENI, les représentants de l’opposition au sein de  l’organisme de gestion des élections restent droits dans leurs bottes. Ils font même des recommandations pour disent-ils « sauver le processus » et tenter de donner un sens à leur position du moins ambiguë.