Que sont-ils devenus ? Ex-sociétaire du Syli, Salam Sow vers une reconversion souhaitée  

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De la célébrité, il en a eu. Du talent, il en a mis à disposition au compte de plusieurs clubs du pays, de l’étranger et de sa sélection nationale.

Notre invité du numéro de cette rubrique est Abdoul Salam Sow, ex international guinéen qui a raccroché les souliers et qui, par amour et passion, s’investit aujourd’hui dans la formation des jeunes de plusieurs âges confondus.

Né le 13 aout 1970 à Labé (Konkola), Abdoul Salam Sow est fils de feu El hadj Abdoul et de Hadja Aissata Touré. Marié, il est père de 2 filles.

Avant d’enrichir nos compréhensions sur le sujet de sa réorientation dans ce secteur du football, découvrons comment Salam Sow a commencé à aimer le football.

Comme tous les enfants de son âge, Salam Sow a très tôt commencé à tapé dans le cuir. Son idole dans cette pratique fut son grand frère Mohamed Sow, qui avait un pied gauche magique. Au suivi des entrainements de l’ainé, le goût et la passion se sont renforcés.

Entre 8 et 13 ans, face à l’opposition des parents pour la pratique du football, Salam Sow nous conduits dans son univers d’adolescent : ’’c’est vrai que je fus têtu et dans la tête, je me disais qu’ils ont interdit la pratique du football à mon frère, qui avait un talent et qui pouvait réussir une grande carrière de footballeur. J’ai donc refusé de brisé ce mental en moi. Mon père a tout essayé pour que j’arrête le football et rien de tout cela n’a pu me faire changer d’idées. Je me suis toujours accroché à ma passion, malgré quelques nuits dont je passais tout brutalement ligoté. Je sais seulement que mon père a été quelqu’un de très important dans ma vie’’.

Brièvement résumé, partons à la connaissance de la carrière de l’international guinéen, Salam Sow.

En amateur, Salam Sow a appartenu à l’équipe de l’entraineur Naby Diass, dans laquelle ont évolué également Morlaye Soumah ‘’Kolovati’’, Léandro, Titi Camara et plusieurs autres internationaux guinéens de renom.

Progressivement, le ‘’golden boy’’ a joué dans plusieurs clubs guinéens (Hafia football club, Horoya Athlétique, Renaissance club…). Il fut sélectionné dans l’équipe nationale des cadets où il eut l’opportunité de participer en 1985 à la coupe du monde des cadets.

En 1987, Salam Sow partira en France, plus précisément à Concarneau pour un contrat concluant de 6 mois. Ne supportant pas le froid en ses tout débuts, Salam reviendra en Guinée pour jouer au sein du Horoya Athlétique Club en compagnie duquel, il réalisera d’ailleurs un doublé.

C’est après toutes ces consécrations avec le HAC, qu’il prendra finalement la décision d’entamer sa carrière internationale. C’est ainsi arrivé en France, il a commencé à jouer à Saint Dizier en 4ème division, puis à Lannion et à Thouars. Plus tard en Belgique, il a évolué à Aalter.

Apres la CAN de 1994, Salam Sow partira en 1ère division en Turquie, puis à Martigues en France, en Corée du sud et ensuite au Portugal à Belenences.

En 2014, Salam Sow dira au revoir au public guinéen et à ce vieux stade du 28 septembre à travers un jubilé, rehaussé par la présence de nombreux internationaux guinéens de sa génération et de divers pays notamment : Kelvin sebwei, Mohamed Kalon de la Sierra Léone ; Alassane N’Dour du Sénégal et Abdoulaye Traoré de la Cote d’Ivoire.

Une carrière mal gérée ?

Un brillant parcours, riche d’expériences pour lequel, nombreux observateurs sont unanimes et affirment que Salam Sow a mal géré et raté une belle carrière de footballeur. Face à ces affirmations, Salam Sow donne ses raisons : ’’ je reconnais n’avoir pas fait un bon choix au départ. Pour effectuer une excellente carrière, quels que soient tes talents, le choix du club est déterminant. Toutes les fois que je suis arrivé dans un club, j’ai toujours brillé de mille feux et pendant que le club ne gagnait presque pas. C’est le cas à Martigues où j’ai fait de brillantes prestations contre les grands clubs du championnat français tels que Monaco, Paris Saint-Germain, Bordeaux et tant d’autres qui avaient l’œil sur moi. En Europe, il faut avoir 80 % de chance et 20% de talent pour faire une excellente carrière. Par contre, j’ai eu 80% de talent et 20% de chance et c’est ce qui, à mon avis, pourrait mieux expliquer cette ratée de carrière internationale dont on fait cas aujourd’hui’’.

Souvent taxé d’orgueilleux, d’indiscipliné et exigeant !

Salam Sow, ‘’orgueilleux, indiscipliné, exigeant…’’ sont entre autres, tant de points de vue qu’essuie ce footballeur, technicien hors pair. En réponse, Salam Sow se défend en ces termes : ’’certainement c’est un jugement aléatoire. Je n’ai insulté ni Paul ni Pierre. Je suis très courtois et mon éducation ne me permet pas d’adopter des comportements répréhensibles et je ne me suis jamais battu avec mes partenaires, sauf que je me suis érigé en défenseur du groupe. Et je me disais que c’est ce groupe qui est important. De surcroit, je suis issu d’une grande famille très respectueuse. Ce que je déteste au-dessus de tout, c’est l’hypocrisie. Je dis toujours ce que je pense et que cela plaise ou pas, j’aime exprimer mes idées. Et si c’est de ma liberté d’expression que découle mon indiscipline ou autres qualificatifs, j’assume’’. 

Peut-on savoir si Salam Sow a-t-il suivi une formation d’entraineur ?

’’Oui, j’ai deux licences B et C et depuis 5 ans j’attends ma licence A qui tarde et je ne sais pourquoi. J’ai suivi toutes ces formations en Guinée. Dans tous les cas, j’ai plusieurs touches à l’étranger et il n’est pas exclu que je tente de valoriser mon expérience ailleurs. On ne joue pas le football qu’en Guinée seulement. Je suis toujours victime des mauvaises volontés de la part de plusieurs dirigeants qui m’empêche de travailler et dont je dénoncerais les noms à temps opportun. Pour preuve, j’ai perdu le tournoi de New York où je pouvais décrocher un contrat de 5 ans pour les jeunes. Un fait qui affecte aujourd’hui ma crédibilité auprès des organisateurs de ce tournoi, qui ne croient plus en moi. Imaginez-vous, que je me suis investi pendant 13 mois pour préparer ce tournoi. Tout cela par la faute d’un membre de l’instance supérieure de football guinéen’’.

Salam très remonté contre certains responsables du foot guinéen

L’ex international Guinéen Salam Sow est très remonté contre certains dirigeants du football guinéen pour des pratiques, dit-il, injustes de leur part et de non reconnaissance des valeurs qu’eux, anciens footballeurs ont incarné dans ce pays. Du coup, la question de savoir la nature de ses relations avec ce monde du football s’est posé et Salam, connu ne pas avoir la langue dans la poche, affirme et dévoile même une de ses dernières volontés après le monde ici-bas :’’je suis persuadé que j’appartiens à un milieu hypocrite. C’est quand je tourne le dos, ils commencent à baver sur moi. J’ai choisi de dire la vérité et rien que la vérité. Le football, c’est ma vie. Notre génération a révolutionné ce football guinéen. Aujourd’hui, nous sommes vivants et aimez-nous pendant que nous sommes vivants. Je déclare ici solennellement et je l’ai déjà dit à ma famille, qu’après ma mort d’éviter d’exposer ma dépouille. Celui qui le fera, ‘’m’mun khakè lu a bè’’, ‘’je ne lui pardonnerai pas’’ littéralement traduit en français. De la morgue qu’on me transporte directement auprès de mon feu père à Mamou. Je n’ai pas besoin de ces vains discours ou éloges, ma famille s’occupera de mes funérailles et certainement le bas peuple y sera inchallah’’.

A part ces frustrations qui demeurent dans le cœur de Salam Sow, qu’est-ce que ce football lui a apporté et qu’est-il devenu de nos jours ? 

’’Que du bonheur que ce football m’a apporté ! Quand je regarde le sort qu’a été réservé à quelques-uns parmi nous aujourd’hui, je dirai Dieu merci. J’ai ma petite famille, je ne suis pas sans abri et je parviens à gérer le quotidien de la famille. Autre bonheur, c’est surtout de me rendre compte à chaque occasion qui se présente, que ceux qui m’ont connu reconnaissent encore ce dossard numéro 3 du Syli national. C’est une fierté. Aujourd’hui, après ma carrière de footballeur, j’ai tout d’abord racheté le Soumba club de Dubréka et plus tard, j’étais obligé de lâcher prise, puisque la Fédération de football qui était en place, m’a empêché de travailler. C’est ainsi qu’après, j’ai décidé de mettre en place l’académie Salam 3. Au départ, j’ai voulu engager les jeunes en ligue 3, âgés entre 18 et 25 ans. Ces jeunes n’ont pas cru à l’avancée, puisque le monde actuel est fait de matériel. Progressivement, je me suis fait assister par une société de la place qui assure depuis deux ans mon sponsoring pour la formation des jeunes de 8 à 14 ans. C’est un travail de longue haleine qui permet aux jeunes de s’épanouir aujourd’hui. Mon académie a été reconnue officiellement par la Fédération Italienne de Football à travers la fondation ‘’projet football de rue en Afrique’’, qui m’assiste considérablement. Afin de récompenser nos efforts dans ce travail, heureux aujourd’hui, nos partenaires, c’est-à-dire ce projet a octroyé un container d’équipements sportifs, destiné aux jeunes de Guinée de toutes régions confondues. Les jeunes de mon académie s’entrainent au terrain nu du camp Boiro et nous essayons tant bien que mal, de redonner à ces jeunes ce que le football nous a donné. J’ai toujours eu l’objectif de ramener un trophée majeur en qualité d’entraineur pour ce pays, exploit dont je n’ai pas pu réaliser en tant que joueur. Très confiant, je suis prêt à travailler. Nous avions œuvré pour ce football, et nous devons jouir de ce football et cela est logique’’.

Ce que dit Morlaye Kolovati Soumah sur Salam

Morlaye Soumah ‘’Kolovati’’, ex international guinéen et Capitaine du Syli national, actuellement auprès de sa famille en France, joint sur les réseaux sociaux nous donne son point de vue sur Salam Sow : ’’ nous avions presque débuté ensemble le football en amateur et plus tard dans la sélection nationale. C’est un homme sincère et fidèle en amitié. Salam avait du talent et je regrette aujourd’hui que sa carrière n’ait pu connaitre une ascension à la dimension de ses compétences. Il n’a pas eu les personnes qu’il fallait autour de lui. Vous saviez chez nous, le nom ou le succès attire les hommes autour comme des abeilles. Il pouvait mieux faire. Qu’à cela ne tienne, à ce stade actuel, les autorités doivent penser aux anciennes gloires. Salam a joué au haut niveau et en qualité d’entraineur, il peut dénicher aujourd’hui des talents. Il n’a même pas un terrain d’entrainement digne de nom. Il ne mérite pas d’être traité de cette façon. Les moyens viendront après et pour l’instant, il faut que les autorités s’y penchent pour assurer ne serait-ce que des conditions de travail adéquates. Je souhaite bonne chance à mon ami et je crois en sa persévérance et à ses compétences’’.

En contrepartie du penchant et de la passion qu’il a tant mise à disposition durant sa carrière pour le football guinéen, Abdoul Salam Sow, mérite de savourer une autre part de la ration qu’il a pu offrir à sa nation.

C’est une autre légende d’une époque du football guinéen.