Que sont-ils devenus ? Mamady Condé ‘’Gaillard’’, le colosse de Sankara, alité et démuni, risque l’amputation

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« A travers mes moyens qui sont nettement dérisoires, personnellement, je me trouve dans l’incapacité de faire face à cette situation. Je demande donc le concours de tout un chacun pour me sauver et me sortir de cette impasse »

Dans le cadre de sa Rubrique, « Que sont-ils devenus », Guineenews est allé à la rencontre de Mamady Condé, ex-footballeur, coach, spécialiste de gazons synthétiques des stades à son domicile, qui, aujourd’hui, vit une situation de détresse totale. Il réside au quartier Enta marché.

Mamady Condé dit ‘’Gaillard’’ est né le 7 juin 1944 à Faranah. Il est le fils de feu Lamine et de feue Namissa Keita. Marié, il est père de 7 enfants dont 4 vivants.

Il est passé par l’école primaire de la mission protestante et le collège de l’école publique de sa ville natale pour le secondaire.

Vu les difficultés qu’avaient ses parents, il stoppera les études au secondaire, pour passer l’examen de recrutement de moniteurs auxiliaires. Admis à cet examen, il sera chargé de cours des classes primaires dans la Préfecture de Faranah pendant 2 ans.

Aujourd’hui, souffrant de tumeurs malignes, celui qui est surnommé « Gaillard », est invalide et risque de subir une amputation de son pied gauche. Mamady Condé est au bout du souffle. Sans aucun espoir ni ressources disponibles, il sollicite une évacuation sanitaire.

Comment êtes-vous venu dans ce monde du football particulièrement et du sport en général ?

« J’ai aimé le sport depuis l’enfance et surtout pendant les compétitions qui se déroulaient entre les différentes écoles. C’est bien sûr avant l’indépendance que j’ai découvert un libanais du nom de Théo qui était un excellent gardien de but. Il fut mon idole pour être plu tard gardien de but. Avec l’équipe sénior, j’ai été sollicité par un ainé à l’entrainement pour être dans les perches malgré tous les doutes qui planaient dans l’esprit de ses coéquipiers. J’ai réussi et un rendez-vous fut fixé pour la semaine à venir. Ce jour, je n’ai encaissé qu’un seul but pendant les 90 minutes. C’est ainsi que j’ai été retenu dans l’équipe de Faranah.

Avec mon esprit de vainqueur, vu les mauvais résultats obtenus par notre équipe à cause de la défense qui flanchait le plus souvent, je me suis décidé de revenir au poste de défenseur puisqu’un nouveau gardien de but du nom de ‘’hirondelle’’ avait rejoint les rangs. Ma polyvalence me permettait de jouer à tous les postes défensifs et ce qui releva le niveau et améliora les résultats.

A cause des performances obtenues par l’équipe de Faranah, par le truchement de feu Wanda Oularé, très influent homme de cette contrée, j’ai été définitivement retenu dans cette équipe qui rivalisait d’ardeur avec les équipes de Kankan, Kouroussa, Macenta et de toute la Région ».

C’est un parcours en qualité de gardien et de défenseur qui ne s’est limité qu’au niveau interne. Des tournois régionaux et des coupes PDG sans grand succès pour notre invité au sein de l’équipe de Faranah, résume son parcours. L’aubaine va sourire à notre ‘’Gaillard’’ dans les années 1970.

Pour la suite de son cursus scolaire, après ce métier de moniteur, il avait rejoint Conakry à sa propre demande pour  suivre des études à l’Ecole Nationale de l’Education Physique et des Sports pour une formation professionnelle continue. Il obtiendra après 3 ans de formation son diplôme.

Il rejoindra Faranah et au titre d’entraineur de l’équipe fédérale de Faranah. Il fut choisi selon les critères de sélections imposées à cette époque, comme candidat pour aller suivre en Allemagne Démocratique, une formation de 11 mois en qualité d’entraineur de football. C’est à son retour de cette formation qu’il fut désigné entraineur principal de l’équipe fédérale de Faranah.

Expliquez-nous votre parcours en tant que coach ?

« Durant ma carrière d’entraineur de football à Faranah, j’ai apporté une très grande satisfaction en rehaussant le niveau du football dans cette préfecture. A rappeler aussi, j’ai entrainé les équipes des Préfectures de Kissidougou, Kankan, Dabola et Dinguiraye pour leurs montées en Ligue 1.

C’est par manque d’entente avec les autorités chargées du sport de Faranah et je dirais pour non reconnaissance des bienfaits de ma part, que j’ai demandé ma mutation à Conakry au Ministère de l’Education Nationale et précisément à l’école Nationale de l’Education Physique et des Sports. Je fus chargé de cours de football au niveau des classes de 1ère et 2ème années.

Avec le soutien de Chérif Souleymane, avec lequel j’ai effectué le stage de formation en Allemagne Démocratique, j’ai été recruté comme entraineur de l’équipe de l’ASFAG. Feu Jean Charles Coréah a été d’un apport particulier dans ce choix. En compagnie de l’ASFAG, j’ai participé à deux phases de coupes du monde militaire en Italie et en Hollande.

Pendant 4ans je suis resté entraineur titulaire de cette équipe de l’armée guinéenne. Toujours dans la Capitale, j’ai encadré le Hafia FC pendant deux (2) saisons ainsi que le Santoba football club ».

Quel fut votre dernier poste occupé avant que cette maladie qui vous ronge aujourd’hui ?

« J’ai eu assez de difficultés dans cette fonction d’entraineur dues à l’ingérence des dirigeants dans mes prérogatives. (…) Feu Fodé Capi Camara, ex-Secrétaire général de la FEGUIFOOT avec lequel j’ai tissé de bonnes relations pendant mon parcours d’entraineur, m’a tout de suite proposé de venir tenter une nouvelle expérience, celle de s’occuper des gazons synthétiques.

Stupéfait face à cette nouvelle proposition dont j’ignorai les tenants et aboutissants, il m’encouragea tout en m’expliquant des raisons bien fondées de ce choix. J’ai suivi par après une formation rapide à Abidjan à travers un programme de la FIFA, pour s’occuper de la pose et de l’entretien du gazon synthétique du stade annexe du 28 septembre.

 Après plusieurs autres formations reçues à l’interne, j’ai réellement la mission de protection de ce nouveau bijou qui est un trésor. Et c’est un peu après que je fus muté au stade du centre technique de Nongo dans les mêmes fonctions pour superviser la pose des gazons synthétiques en collaboration avec les experts dépêchés à cet effet.

Arrivé au stade de Nongo, étant professionnel dans le domaine, j’ai essayé d’assainir le secteur conformément à la règlementation pour la maintenance et la survie du gazon synthétique. Et c’est de là où, banalement dirai-je, que cette maladie du pied est survenue. »

Banalement vous dites avoir eu cette maladie dont aujourd’hui la progression dépasse l’entendement. Expliquez-nous les circonstances dans lesquelles vous aviez été atteint par la maladie ?

« Un jour je suis arrivé constaté que les bordures de la pelouse étaient sales et jonchées de plastiques de sachets d’eau vides. Aussitôt, je me suis mis à l’œuvre pour nettoyer les pourtours. Et comme je portais une paire repose pied, c’est une aiguille qui sert à ouvrir les tubes de colle minute qui a transpercé ma chaussure gauche pour enfin s’enfoncer dans le pied. Automatiquement extrait du pied, j’ai appliqué de l’alcool sur la partie atteinte. Au fur et à mesure que j’effectuais des ablutions et les bains, l’eau s’infiltrait, et la plaie germait. Je ne pouvais plus poser le pied par terre. Vu la gravité de la plaie, je suis allé rencontrer feu Professeur David Camara (paix à son âme). Une première partie de la chair qui sortait de l’intérieur vers l’extérieur fut inciser et greffer par une partie de la chair de mon pied droit. Une seconde partie va germer encore et subir la même opération.

C’est dans cet état que je me trouve aujourd’hui et aux dires du médecin traitant, si des mesures urgentes ne sont pas prises, je risque une amputation de la jambe à l’avenir ».

Quelle sont les mesures dont vous envisagez face à cette situation ?

« A travers mes moyens qui sont nettement dérisoires, personnellement, je me trouve dans l’incapacité de faire face à cette situation. Je demande donc le concours de tout un chacun pour me sauver et me sortir de cette impasse. J’ai encore l’intention de servir ma nation en léguant mes connaissances aux jeunes dans cette spécialité de la pose et de l’entretien des gazons synthétiques. Bref, je demande encore de l’aide et remercie d’avance tous ceux qui vont penser à moi et je prie Dieu de venir à mon secours ».

Jadis, colosse du Sankaran, Mamady Condé ‘’Gaillard’’ aujourd’hui alité, risque de perdre une partie de ses membres.

Il se trouve actuellement dans un total désespoir, manifestons-nous et volons au secours de ce grand athlète.