Radiation des personnes décédées sur le fichier électoral: Le département «fichier» de la CENI s’explique

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Djénabou Touré, CENI

La découverte des personnes décédées sur la liste électorale révisée à titre exceptionnel, en vue des législatives prévues le 16 février prochain, suscite un «tollé» dans la cité. Face à ce constat alarmant, notamment sur la toile inondée de photos, Guineenews a joint la directrice en charge du fichier à la commission électorale nationale indépendante (CENI).

Dans sa réaction, Mme Camara Djénabou Touré rappelle : «… lors de la conférence de presse, j’ai expliqué que sur les deux cent mille (200 000) cas de décès annoncés, cent soixante mille (160 000) avaient correctement rempli le certificat et le formulaire de radiation. Ça a été traité; ils sont radiés. Le reste, on a retourné encore sur le terrain et aujourd’hui il y a des gens qui ont bien compris et ont refait le travail. Et on est en train de radier les personnes concernées de la base de données. Mais si vous (personne déclarante ndlr) ne le faites pas, la loi dit que le justificatif c’est le certificat pour les cas de décès..

Avant, le commissaire explique que : « pour radier les personnes décédées, il faut que les familles déclarent le décès et fournissent le certificat. C’est ce qu’on ne fait pas dans notre pays. Au vu de la législation, pas seulement la convention sur la protection des données à caractère personnel qui est dans la loi sur la cyber-sécurité, on n’a aucun droit de radier une personne dite décédée comme ça. Même si je connais que tel est décédé, je ne dois pas l’enlever. Il faut que ça famille fournisse un certificat de décès, fasse la demande de radiation en remplissant le formulaire de radiation qu’elle signe et nous envoie. Et on procède à la radiation de l’électeur… »

Insistant sur la législation, Madame Camara nous renvoie à l’article 14 du code électoral en vigueur qui stipule que: « tout citoyen visé aux articles 5 et 11 du présent code peut réclamer l’inscription d’un électeur non inscrit ou la radiation d’un électeur indûment inscrit. Cette possibilité est aussi donnée au maire de la commune et au président du conseil de quartiers et de districts. ». Et que: « les demandes émanant des tiers ne peuvent avoir pour objet que des inscriptions et des radiations individuelles. Elles doivent préciser l’identité de chacune des personnes dont l’inscription ou la radiation est réclamée…»

Pour rappel, l’article 5 du même code électoral indique que les personnes qui n’ont pas le droit de voter pendant qu’à son article 11, cette loi précise les critères à remplir par les Guinéens vivant à l’étranger pour figurer sur la liste électorale des  ambassades et autres consulats. De son côté, l’article 3 définit l’électeur aux yeux de la loi guinéenne…

Par ailleurs, toujours au téléphone de Guineenews et en rapport avec la radiation, la directrice du département fichier de la CENI revient sur l’audit du fichier électoral effectué avant le lancement du processus actuel.

Selon notre interlocutrice, «les recommandations de l’audit disent qu’il faut scanner ce certificat et le joindre à la radiation…. ». Poursuivant, Madame Camara a déclaré que «l’audit a demandé que la loi change aussi et que les procédures y soient clairement définies. » Ajoutant que «la loi dit que si le justificatif n’est pas là, la CENI (commission électorale nationale indépendante) ne peut pas radier un électeur…».

A noter que la mise en application des recommandations de l’audit en question reste l’une des pommes de discorde entre le pouvoir en place et l’opposition qui, en plus de boycotter les législatives du 16 février, menace « d’empêcher» ce scrutin.