Rapatriement des Guinéens bloqués à l’étranger : une première vague attendue du Sénégal

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En dépit des difficultés de tous genres auxquels ils sont confrontés, voilà de quoi redonner espoir aux Guinéens bloqués à l’étranger à cause de la COVID-19. Même si l’attente dure encore, surtout que pour la plupart d’entre eux, on  ne le dira jamais assez, ils sont sans ressources depuis un bon bout de temps. ( photo d’archives)

Coincés un peu partout dans les pays voisins, au Maghreb et ailleurs dans le monde, plusieurs centaines de nos compatriotes traversent une situation particulièrement difficile. Frappés qu’ils sont par les mesures restrictives imposées par la pandémie du coronavirus, notamment la fermeture des frontières d’ici et d’ailleurs. Depuis plusieurs semaines, voire des mois, ils sont contraints de vivre à l’étranger, sans mesures d’accompagnement pour la majorité. Tout le monde n’ayant pas eu la chance de certains compatriotes bloqués à Dakar, à Paris ou encore celles de certaines familles aux Etats-Unis qui ont bénéficié des fonds octroyés par les autorisés.

En tout cas pas les Guinéens en court séjour au Maghreb, particulièrement au Maroc. Du moins pas tous. A part quelques privilégiés ou chanceux, c’est selon, qui ont pu rentrer de Tunis en avril dernier, la grande majorité continue de vivre dans la détresse. Livrés à eux-mêmes, avec des surplus de frais de logement évalués en milliers de dollars usd désormais. Ils multiplient les cris d’alarme. Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les appels de détresse se font sans cesse. Sur fond de sentiment d’abandon par la patrie mère dans certains cas.

Une situation incompréhensible pour certaines victimes comme Mohamed Lamine Camara qui dans sa solitude marocaine, rappelle sans cesse que le président de la République a solennellement annoncé l’organisation du retour des Guinéens bloqués à l’étranger il y a des semaines déjà. Même si Alpha Condé et son gouvernement en parlent de moins en moins publiquement.  Et que dans le même sillage, un  comité de soutien aux Guinéens de l’étranger a été mis en place aux ministères des Affaires étrangères. Sans compter que pour les besoins d’hébergement, le ministre de l’Hôtellerie, Thierno Ousmane Diallo, joint au téléphone par Guineenews le weekend dernier, reste affirmatif quant à la disponibilité des établissements hospitaliers d’accompagner l’Etat dans ce sens.

Sauf qu’il faut que le besoin soit exprimé par l’autorité. Alors que l’agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), en conférence de presse, samedi dernier, disait n’avoir pas eu besoin de plus que le nombre de places que regorge un réceptif hôtelier déjà à sa disposition…

Une sorte de cercle vicieux au bout duquel une « bonne nouvelle » s’annonce. En tout cas, nos sources au ministère des Affaires étrangères confient à Guineenews que « les discussions sont très avancées » avec une compagnie privée dénomée « africaguinee » pour le rapatriement de certains compatriotes. Et que le début de l’opération serait même imminent. Selon Mohamed Dabo, coordinateur du comité de soutien… et conseiller en charge de la diaspora aux Affaires étrangères, les Guinéens bloqués au Sénégal sont les premiers concernés. « Nous espérons l’arrivée de la première vague avant la fin de la semaine », déclare-t-il au téléphone de Guineenews. Et de préciser que « pour ce qui est de la Tunisie et du Maroc, on attend l’autorité ».

Une goutte d’eau dans l’océan, pourraient légitimement dire certains, notamment du côté du Maroc où près de deux cents (200) Guinéens sont « laissés pour compte ». Sans même bénéficier de l’aide cumulée distribuée par des bonnes volontés marocaines ou guinéennes. Mais pour les plus optimistes, ça peut-être le début tant attendu de la fin d’un calvaire qui n’a que  trop duré.