Rapport d’audit du fichier électoral : l’UFR dénonce des anomalies graves et demande un recensement intégral

octobre 14, 2018 10:58
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Le rapport d’audit du fichier électoral a été officiellement remis au ministre de l’Administration du Territoire, jeudi 11 octobre. L’Union des Forces Républicaines (UFR) dit avoir relevé des anomalies graves demande un recensement biométrique intégral pour permettre l’organisation d’élections transparentes en Guinée.

 

« Le rapport d’audit du fichier électoral révèle des faits très graves. Il y a 1 300 000 personnes dans le fichier dont on ne connait pas la provenance. Donc ça permet à quelqu’un de gagner les élections, celui qui détient le fichier et qui peut le manipuler à sa guise. C’est pourquoi depuis 2010, nous voyons des scores bizarres accordés à certains partis dont le nôtre », dénonce Ibrahima Bangoura, vice-président de l’UFR qui demande a recomposition de la CENI et un recensement biométrique intégral.

 

« Nous avons un fichier essentiellement corrompu, c’est un fichier avec lequel on ne peut pas aller aux élections pour avoir des résultats crédibles, avec lequel on ne peut pas avoir des élections transparentes. Il y a beaucoup d’anomalies que nous avons constatées. Le système ne peut empêcher des enfants de moins de 18 ans de se faire enrôler. Il est ressorti de ce fichier qu’il y a des gens qui n’ont pas de nom au nombre de 500 personnes, il y a des milliers de gens qui n’ont pas de père ou de mère », ajoute de son côté Ahmed Tidiane Sylla, responsable en charge de la communication de l’UFR.

 

Pour lui, le recensement avec l’opérateur GEMATO a été fait avec une volonté délibérée de favoriser certaines circonscriptions au détriment d’autres. « Vous avez plus de deux millions d’électeurs qui sont sans profession. Vous avez au niveau de certaines circonscriptions plus de trois millions d’électeurs qui ne sont pas dédoublonnés. Donc il y a tellement d’anomalies que ce nous demandons, c’est de reprendre le recensement afin qu’on puisse identifier les gens à partir des empreintes », estime Tidiane Sylla.