Rapport entre populations générales et nombre d’électeurs : cette interrogation de l’Ambassadeur Allemand

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L’impressionnant nombre d’électeurs guinéens, comparé à la population totale du pays ne préoccupe pas que les Guinéens. Cette préoccupation se situe aussi au niveau des partenaires au développement…

C’est ce constat que Guineenews a fait ce jeudi, à l’occasion d’une rencontre organisée par la commission électorale nationale indépendante (CENI) à Conakry, à l’effet d’informer les diplomates et les institutions républicaines guinéennes sur l’évolution du processus électoral en cours.

« Un tableau synthétique mais assez complet du processus électoral », déclare le président de la CENI pour la circonstance.

Au terme de la présentation, des participants ont pris la parole pour évoquer des préoccupations qui subsistaient. C’est dans ce sillage que l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne a pris la parole pour poser la question de savoir comment la commission électorale nationale indépendante (CENI) a pu avoir plus de sept (7) millions d’électeurs parmi une population de  12 millions d’habitants, selon des données officielles?

Surtout que, selon ces mêmes données officielles plus de 50% de la population guinéenne a moins de 18 ans, donc n’a pas le droit de figurer sur la liste électorale.

En réponse, la directrice du département fichier électoral à la CENI commence par admettre qu’il y a contradiction, à comparer les chiffres de l’institut national des statistiques et les chiffres fournis par l’organe de gestion des élections. Mais, explique Madame Djenabou Touré, « … nous ne pouvons pas à ce stade expliquer la différence entre les chiffres de l’INS (institut  national des statistiques) et ce que nous donnons en tant que CENI. Nous sommes sûrs de quelque chose: toutes ces personnes ont leurs photos, leurs empreintes. Mêmes s’ils n’ont pas d’empreintes, ils ont les photos, leur filiation… ».

Laissant entendre que s’il faut chercher le problème, c’est ailleurs. Peut-être avec la méthode de l’INS où les agents de recensement reçoivent seulement des déclarations des membres des foyers…

Plus loin, insistant que la CENI et l’INS n’ont pas la même méthode de travail elle admet « …qu’il y a un problème, un véritable problème dans les statistiques en République de Guinée… ». Et d’ajouter que « tant que nous n’allons pas vers un état civil informatisé et fiable, nous allons toujours être là à discuter des statistiques des différentes institutions. »

L’autre question à laquelle la Commission électorale nationale indépendante a répondue, concerne les électeurs qui ont plus d’une carte d’électeurs. Cela, en dépit du travail de « dédoublonnage » fait sur le fichier électoral.

Dans les différentes réponses données, la CENI explique le phénomène par des erreurs: soit c’est au niveau des agents chargés de confirmer ou infirmer des détections faites par la machine ou encore c’est au niveau de l’impression…

Par contre, aux yeux de la commission électorale nationale indépendante (CENI), la hausse du nombre d’électeurs en Haute Guinée n’est ni spectaculaire ni inexplicable. En plus des activités minières qui attiraient du monde, l’historique du fichier électoral guinéen publié à l’occasion confirme que la zone a toujours été d’une forte densité électorale.