Rapport RSF : le directeur Afrique de l’ouest nuance le petit bond de la Guinée en 2021

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L’amélioration bien que légère du classement de la Guinée dans le dernier rapport de Reporter Sans Frontière (RSF) a suscité beaucoup de commentaires en Guinée. Dans l’opinion, notamment dans la corporation des journalistes, la question qui s’est posée est celle de savoir si le cas des confrères en détention, a été pris en compte.

Joint par nos confrères de l’émission les « Grandes Gueules » de la radio Espace FM, le directeur RSF de l’Afrique de l’Ouest a donné des précisions qui ont tempéré ce qui apparaît comme embellie et apporté un soutien sans faille aux journalistes en prison.

Selon Hassane Diagne, « l’embellie dont vous avez parlée tout à l’heure, c’est juste en termes de classement, il faut vraiment relativiser », suggère-t-il. Expliquant cette amélioration par la « baisse constatée dans d’autres régions du continent et ailleurs dans le monde ». Et de préciser : « la Guinée a toujours un score de 35,42 qui la maintient dans la zone rouge, c’est-à-dire la zone des pays où la liberté de la presse est toujours difficile ».

Toujours concernant l’environnement régional, le représentant de RSF informe que « sur les 48 pays évalués, les 23 apparaissent dans la zones rouge ou noire du classement de reporter sans frontière, c’est-à-dire des pays où la situation est considérée soit comme difficile, soit comme grave sur la carte que nous avons publiée ».

A la question de savoir si la situation des journalistes en prison sera prise en compte dans le prochain rapport, M. Diane répond par l’affirmative : « absolument ce sera pris en compte l’année prochaine ». Et de poursuivre, « ce qu’il faut préciser, c’est que le rapport que nous appelons ‘‘rapport 2021’’ évalue les événements (…) sur la période du 1er janvier au 31 décembre 2020. Et les événements auxquels vous avez fait allusion, se sont déroulés à cette période-là ».

Insistant sur le cas Diouldé, le représentant de reporter sans frontière reconnait que « ce dossier là c’est vraiment une préoccupation à Reporter sans frontière ». Puis, de confier : « moi-même j’étais à Conakry il y a trois semaines. J’ai rencontré le ministre de l’information, je suis même allé rendre visite à l’un des détenus, en l’occurrence le doyen Amadou Diouldé Diallo… je lui ai apporté le soutien de Reporter Sans Frontières. Nous continuons à nous mobiliser pour demander sa libération ». « Une détention prolongée qui est illégale et que nous continuons de dénoncer… », commente-t-il.

Dans ces propos, il reconnaît que la pluralité des médias et la législation sont des indicateurs où la Guinée a été performante. Même si, « malheureusement on a constaté que les dispositions de cette loi-là (L02) ne sont pas respectées.