Récente paralysie du trafic entre Coyah et Kouria: un évènement grave qui interpelle les autorités

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Disons-le d’emblée, lorsqu’une route nationale comme celle no 1, entre Coyah et Kindia cesse de ‘’fonctionner’’ correctement même pour quelques minutes, cela est grave. A plus forte raison lorsqu’il s’agit d’un fort ralentissement qui s’étale sur 18 heures d’horloge, comme ce fut le cas, du samedi 1er février à 20 heures au lendemain dimanche à 14 heures.

Point besoin d’être porté par quelque once de catastrophisme que ce soit, pour mesurer le caractère gravissime que pareille situation entraine. L’indicateur des conséquences qui en découlent est tout simplement difficile à mesurer, tellement on a l’embarras pour classifier tous les effets collatéraux qui en résultent. Que ce soit au plan humain, social, économique, politique et même stratégique, le ressenti, vérifiable ou non, est évident.

Que cette artère, sans doute la plus densément fréquentée de notre pays, s’obstrue en partie, pour quelque raison que ce soit, cela motive à consacrer cette réflexion pour tirer les leçons qui s’imposent. Ce sentiment est aussi celui du chef d’escadron Djimè Chérif Haïdara, commandant adjoint, assumant l’intérim de la gendarmerie routière. Il nous présente ici les circonstances à l’origine de ce grave incident : « ce samedi 1er février, ce sont  deux accidents qui se sont produits à quelques heures d’intervalle, dans  cette zone d’intenses travaux de construction de la route Coyah-Dabola. Nous sommes au PK 7 de Coyah en direction de Kindia, dans la localité de Kaka où se trouve le grand pont du même nom.

Aux environs de 20 heures ce jour, le camion Renault  immatriculé RC 0522 AS (de fond rouge, écriture blanche) chargé de jus de fruits, en provenance de Kaléta vers Kindia, conduit par Amadou Diouldé Baldé, s’est renversé à la remontée de la colline, sous l’effet de sa charge excessive. Il est tombé sur son flanc gauche, en travers de la chaussée, réduisant ainsi le passage des véhicules.

A noter que cet accident s’est produit quelques 150 mètres après qu’il ait dépassé un autre camion non identifié, immobilisé de façon abusive en un endroit inapproprié, sans personne à côté.

On croyait la série bouclée, lorsque quelques heures après on nous signale qu’un autre accident est survenu aux environs de 23 heures, quelques 100 mètres plus bas. Il s’agissait là encore d’un camion Renault, cette fois un semi remorque, immatriculé RC 1581S et RC 8670 N. Lui, ne nous a pas causé de gros soucis, vu qu’il est tombé en dehors de la chaussée, dans le ravin situé en contrebas de la descente qu’il abordait. Idem que dans le premier cas, la charge excessive a été là aussi, le facteur déclenchant. Ce semi remorque en provenance de la Côte d’Ivoire transportait une cargaison de chaussures en direction de Conakry. Son conducteur Abdoulaye Bah, aussitôt qu’il a dépassé le premier camion renversé sur la chaussée a tenté de négocier la série de virages qui suivaient plus bas. Ces efforts ont été vains et c’est ainsi que poussé par l’inertie, à la première courbe après le pont Kaka, il est tombé dans le ravin. Heureusement sans perte en vie humaine.  Dans les deux cas survenus, il n’y a eu que des dégâts matériels importants. »

Réaction de la gendarmerie routière

« Aussitôt informés, nous avons déployé des gendarmes sur les lieux pour réguler la circulation. Une tâche qui s’est avérée ardue, étant donné le manque de moyens de communication entre les éléments qu’une grande distance séparait. Il leur fallait couvrir des kilomètres à pied dans la nuit pour gérer les  réalités fluctuantes en amont et en aval des lieux d’accidents et de l’endroit où le camion était immobilisé en panne. Ils  sont restés ainsi mobilisés en permanence depuis la survenue des accidents, jusqu’ au dégagement des véhicules le lendemain dans l’après-midi. »

Difficultés rencontrées

« Il est évident que la tâche s’est avérée difficile, nos hommes, surtout pendant la nuit, sans visibilité autre que la lumière des phares, avaient la peine à se faire obéir par certains usagers pressés, impatients, nerveux, quelquefois même inconvenants qui ne voulaient pas se soumettre à la discipline instaurée pour le passage alterné des véhicules. La chaussée était rétrécie, accidentée et en chantier. »

Conséquences des deux accidents sur la circulation

« Je ne vous apprends rien en vous disant que la circulation entre Coyah et Kindia a été fortement perturbée par ces deux accidents. L’intensité habituelle du trafic a connu une baisse drastique. Tout le monde en a souffert. »

Comment cet évènement a-t-il été géré

Le chef d’escadron Djimè Chérif Haidara, commandant intérimaire de la gendarmerie routière nous dira pour conclure : « au-delà du déploiement de nos hommes pour assurer la sécurité des lieux et  la canalisation de la circulation, nous  sommes restés en contact permanent avec nos autorités, celles de la préfecture de Coyah, les bâtisseurs de la route où se sont produits les deux accidents et les usagers de la route. Il nous fallait informer en temps réel, sécuriser les lieux, canaliser la circulation et dégager les véhicules qui encombrent la chaussée et réduisent le passage. C’est dans cette dynamique que,  sous le couvert du colonel Kader Camara, commandant adjoint de la région gendarmerie de Kindia, nous avons sollicité madame le gouverneur pour l’obtention d’une grue poids lourd. En fin de compte, ce sont les chinois de la société chargée de la construction de la route Coyah-Dabola qui nous ont appuyés pour libérer le passage. Le camion accidenté et celui qui était immobilisé en panne sans aucune surveillance, ont été dégagés à l’aide d’une grue qu’ils ont bien voulu mettre à notre disposition .»

Leçons à tirer

Si ce bouchage de la route pour cause d’accident avait persisté plus longtemps, il est évident qu’il aurait généré des conséquences irrémédiables de tous ordres. Fort heureusement, il s’est avéré partiel et n’a pas entraîné l’irréparable. Mais, pour autant, faut-il se réjouir de ce que le sort ait été assez clément, pour oublier ce qu’il nous reste à  faire? Que nenni ! Une telle situation doit servir d’alerte aux autorités pour qu’elles prennent dès maintenant les dispositions qui s’imposent. C’est de prospective qu’il s’agit !

Des situations à l’identique peuvent se produire un peu partout sur le territoire national. Face à cette éventualité, il faut se préparer à faire face, tant du point de vue de la réactivité des autorités et des citoyens que des moyens servant à la parade. C’est vital !   Il ne faut pas attendre que les évènements surviennent pour chercher comment réagir. Il  faut intégrer le fait qu’ils peuvent arriver et se  préparer conséquemment à les surmonter.

Pour cela, il faut former des secouristes dans la gestion des incidents ou accidents, mais aussi des catastrophes et autres calamités. Leur éventuelle survenue étant envisageable partout et à tout moment, aucun pays ne doit s’en désintéresser.

A cela, il faut ajouter les moyens. Pour ce cas d’espèce par exemple, nous en parlions il n’y a pas longtemps, si la gendarmerie était équipée de grue appropriée, elle n’aurait pas attendu pour agir. Aussitôt l’obstruction de la chaussée constatée, elle aurait dégagé les camions accidentés ou en panne.

Nous espérons qu’un jour ou l’autre, cette réalité se fera jour. Un optimisme amplement partagé par le chef d’escadron Djimè Chérif Haidara.