Recrutement des magistrats et Huissiers : les grands enseignements qui s’imposent

0
920

Déjà disponibles sur la page Facebook du Centre de formation judiciaire, les résultats des concours de recrutement des auditeurs de justice (futurs magistrats) et des élèves greffiers vont être affichés à la Cour d’appel de Conakry dès ce soir. Les admis, cinquante auditeurs de justice et élèves greffiers, vont suivre des formations théoriques et pratiques de 12 mois. Après quoi, ils intégreront l’effectif judiciaire soit en tant que magistrats ou en tant que greffiers.

A la fin de leur formation, les recrus de 2019 viendront améliorer le ratio magistrat par habitant en Guinée (la norme recommandée est de 10 magistrats pour 100 000 habitants). Selon le Centre de formation judiciaire, il y a aujourd’hui quelque 400 magistrats en exercice en Guinée. Quand l’ancien ministre de la Justice Cheick Sacko lançait le programme d’augmentation et de rajeunissement du personnel judiciaire en 2016, l’objectif était d’atteindre les 600 magistrats. A l’époque, la Guinée n’avait que quelques 300 magistrats pour un peu plus de 12 millions de Guinéens.

Les femmes n’y arrivent pas

Cette année, le Centre de formation judiciaire a voulu donner plus de chance aux femmes. Avant la phase écrite du concours qui a eu lieu en août dernier, une session de formation de trois mois avait été organisée à leur intention en vue de préparer le test. Les résultats sont cependant en deçà des attentes. Il n’y a que huit femmes sur les 50 admis.

En revanche, 32 des 50 des élèves greffiers sont femmes. « Il faut qu’on féminise l’administration judiciaire. C’est dans ce cadre qu’il y a eu cette mesure d’accompagnement des femmes », a expliqué Bandjou Doumbouya, président de l’Association des Greffiers de Guinée et président du jury du concours des greffiers.

Tout comme chez les magistrats, les 50 admis ne pourront pas combler le déficit de greffiers en Guinée. Il faudra encore recruter dans les années à venir. « En principe, le nombre de greffiers devrait être le double du nombre de magistrats. Aujourd’hui, c’est le contraire. Il y a près de 400 magistrats pour 200 greffiers », déplore Bandjou Doumbouya.

Le directeur du Centre de formation et de perfectionnement judiciaire Amadou Sacko s’est dit fier de ces résultats. « J’ai pu certifier de la régularité, de la sincérité de ce concours. On n’a pas lésiné sur les moyens qui pouvaient nous permettre d’aboutir à un résultat crédible. Il y va de l’avenir de notre justice et de l’avenir de la nation », a-t-il dit.

Les résultats publiés, le prochain défi de Sacko est de parvenir à convaincre le ministère du budget pour organiser les prochains concours de recrutement de magistrats et de greffiers en 2020.

Il faut signaler que plus de 1800 candidats ont pris part au deux tests dont 1041 pour le concours de recrutement des élèves greffiers.