Réflexion sur le financement des secteurs sociaux possibles pour améliorer les résultats pour les enfants

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Les participants à l’atelier © UNICEF/ S.M. Koundouno

Le dernier rapport sur la pauvreté des enfants révèle que 7 enfants sur 10 au niveau national et près de 9 enfants sur 10 en milieu rural sont privés d’au moins 3 dimensions de leurs droits. Et plus encore sont privés de leurs droits concernant l’éducation, la santé, la protection contre la violence, l’accès au logement, à l’eau potable, à l’assainissement amélioré et à l’information.

Pour contenir cette problématique, la Guinée a souscrit en 2015 aux Objectifs du Développement Durable (ODD) 2015–2030. Ces ODD visent à promouvoir le bien-être des populations dans plusieurs domaines dont la lutte contre la pauvreté, l’accès aux soins de santé de qualité et à une éducation de qualité.

Les officiels venus pour assurer l’ouverture officielle de l’atelier © UNICEF/ S.M. Koundouno

Pour y arriver, il faudra nécessairement réduire les privations multiples des enfants et accroître les investissements dans les secteurs sociaux en mettant un accent particulier sur ceux en faveur des personnes vulnérables, particulièrement les femmes et les enfants. Première étape, l’élaboration d’un rapport sur l’espace fiscale et le financement des secteurs sociaux en Guinée. Ce rapport analyse l’espace fiscal disponible dans le pays afin de déterminer les options de financement possibles pour un accroissement des investissements publics dans des secteurs sociaux. Il a été présenté lors d’un atelier de réflexion qui a regroupé les partenaires au développement, les cadres des départements sectoriels dont le Ministère de l’Action sociale.

Idrissa Sané, Chef de cabinet du Ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance a souligné toute l’importance de cette étude.

Idrissa Sané, Chef de cabinet du Ministère de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance répondant aux questions des journalistes © UNICEF/ S.M. Koundouno

« Il est pertinent d’avoir un regard sur le niveau des dépenses publiques dans les domaines de l’accès à l’eau, l’assainissement, le logement, la santé, l’éducation, l’information, la prévention contre le paludisme et la violence pour proposer une approche intégrée de plaidoyer en vue de l’amélioration de l’investissement. Car la prise en compte multidimensionnelle de la sécurité et de la pauvreté des enfants sur tous ses aspects demeure pour nous un grand défi à relever au regard des engagements régionaux, africains et internationaux que notre État a pris avec fierté »

Cette étude revient également sur les quelques progrès réalisés dans le cadre du financement de ces secteurs sensibles à la cause de l’enfant ces dernières années.

« Les résultats indiquent clairement qu’il y a eu des progrès dans le financement du secteur social au cours des dernières années. Par exemple, le secteur de la santé a vu sa part dans le budget de l’État passer de 2,5% en 2013 à plus de 6,5 % en 2018. Dans le domaine de l’éducation, la part dans le budget de l’État est passée de 12,8% en 2013 à 14,8% en 2018 », indique Dr Guy Yogo, Représentant adjoint de l’UNICEF.

Dr Guy Yogo, Représentant adjoint de l’UNICEF © UNICEF/ S.M. Koundouno

Mais, ces progrès n’ont pas pu produire les résultats escomptés. Par conséquent, ce nouveau rapport a de ce fait tout son pesant d’or, ajoute Dr Guy Yogo : « Ces allocations budgétaires additionnelles n’ont pas permis d’inverser les privations des enfants comme le témoignent les résultats sur l’analyse des privations multiples des enfants. Ce qui nous amène à réfléchir tant sur l’augmentation des allocations budgétaires que sur la qualité des dépenses budgétaires dans les secteurs sociaux ».

Cet atelier organisé par le Ministère de l’Action Sociale et soutenu par le gouvernement, devra permettre d’enclencher un processus de plaidoyer et de programmation permettant de pallier le faible financement des secteurs sociaux en Guinée.

Saa Momory Koundouno UNICEF Guinée