Report du procès des membres du FNDC : l’ex-bâtonnier parle d’une « demande concertée »

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Simultanément à Mamou et à Mafanco, l’audience des personnes arrêtées dans le cadre des manifestations lancées par le FNDC le 14 octobre dernier s’est ouverte ce mercredi au tribunal de première instance de Dixinn. C’était sous haute surveillance policière.

Les activistes Abourahamane Sano, Ibrahima Diallo, Sékou Koundouno et autres sont les prévenus qui ont comparu devant les jurés ce matin. Il leur est reproché ce sont les faits de « manœuvre et actes de nature à compromettre la sécurité publique et à porter gravement atteinte à l’ordre public ».

Maitre Mohamed Traoré est un des avocats en charge de leur défense. Au sortir de l’audience au cours de laquelle il a plaidé sans succès pour une liberté provisoire pour ses clients, a confié ce qui suit :

« Nous constatons, à l’issue de cette audience qu’aujourd’hui en Guinée, lorsque vous appelez des citoyens à manifester de façon républicaine, de façon pacifique, vous commettez une atteinte grave à l’ordre public. Lorsque vous demandez aux entreprises de fermer pour ne pas être victimes de vandalisme, victimes de violences, lorsque vous demandez à des citoyens de rester à la maison pour ne pas que les contre-manifestants les agressent, vous commettez une atteinte grave à l’ordre public. C’est pour cette raison que nous sommes là pour démontrer à l’opinion nationale et internationale que nous n’allons pas laisser passer cette injustice. Il y a des avocats qui seront mobilisés jusqu’à la fin de toutes ces procédures-là. Et force doit rester à la loi », a indiqué l’avocat.

Réagissant au refus opposé à leur demande de liberté provisoire pour les prévenus, Me Traoré a déclaré pensé que le tribunal aurait donné à ses clients « une garantie d’indépendance et de bonne justice ».

« Mais nous sommes sur notre faim sur cette question, parce que ce qui est étonnant, même celui pour lequel le Procureur avait lui-même demandé une mise en liberté provisoire, a été rejeté. Cette décision du tribunal, nous ne la comprenons pas. Le Procureur a opté pour la procédure de flagrant délit. Cette procédure signifie qu’en principe, une fois que les prévenus ont été conduits devant le Procureur, ils doivent être jugés immédiatement ou au plus tard le lendemain. Et aujourd’hui, nous voyons à l’audience que c’est le Procureur lui-même qui demande le renvoi, parce qu’il n’est pas prêt à plaider, alors que nous, nous sommes prêts. C’est lui a engagé cette procédure. Il est censé être prêt et il est censé maitrisé son dossier. C’est étonnant qu’il demande un renvoi », a-t-il fustigé après que l’audience ait été renvoyée au vendredi 18 octobre prochain.

Toute chose qui a fait dire à l’avocat que ce report a été fait sur la base de l’instruction que la Cour aurait reçue. « Et nous sommes fondés que c’est une demande concertée », a-t-il conclu.