Réseau routier : L’axe Lélouma centre – Herico, un véritable parcours du combattant

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Ce n’est un secret pour personne que le réseau routier de Lélouma est complètement défoncé. Aujourd’hui, se déplacer au niveau de cette préfecture, située à une soixantaine de kilomètres de la capitale régionale Labé relève d’un véritable parcours du combattant, a constaté notre reporter sur place.

A la place des marres et flaques d’eaux de la saison des pluies,   c’est la poussière qui a pris la relève. Avec des fossés énormes visibles çà et là sur tous les axes. Des blocs de pierres, des roches en forme d’escaliers qui provoquent des secousses violentes.

A tout cela s’ajoutent ces ravins avec des graves risques de chute sur des hauteurs considérables avec une poussière qui obstrue le passage.

Tel est le décor que présente  cette route nationale Lélouma – Télemélé. Long de près d’une soixantaine de kilomètres, cet axe Lélouma centre – Herico via Sagalé est un véritable cauchemar pour les usagers. Il faut plus de trois heures pour les parcourir. Le sous-préfet de Hérico est conscient de la situation.
« Aujourd’hui, avoir un programme à Lélouma m’effraie. Quand je dois me rendre au centre-ville, j’ai vraiment peur. C’est du fil à retordre. Surtout avec cette vieille moto que je détiens actuellement sur cette route impraticable de tous les dangers. Il faut près de quatre heures pour rallier le centre-ville »,  déplore Ibrahima Souré. Avant d’ajouter « on dit que c’est une route nationale mais c’est juste une appellation parce qu’à mon avis, une route nationale ne mérite pas l’état actuel dans lequel elle se trouve. Les populations sont en train vraiment de faire de leur mieux pour l’entretien de la route. Mais on ne peut pas faire une route avec la main », explique le sous-préfet.

Sur la même lancée, Lamarana Diallo un natif de Herico renchérit: « c’est une route complètement abandonnée. Et pourtant si cette route était entretenue, on n’aurait même pas besoin d’aller vers Labé pour rallier la capitale Conakry. C’est très rapide de rallier la capitale guinéenne pour les populations de Lélouma via Telemélé et Kindia. Mais compte tenu de son état actuel de délabrement, on est obligé d’aller faire un long détour vers Labé pour aller à Conakry », regrette-t-il.

Sur cet axe, les motards, les véhicules 4×4 ou encore les camions qui y font la navette passent plusieurs heures avant d’effectuer ces soixantaine de kilomètre.

Mariama Diallo est commerçante et elle fréquente régulièrement le marché hebdomadaire de Herico. Elle raconte: « Je viens chaque semaine au marché de Herico. Parfois, je suis obligé d’emprunter les camions parce-que les petits véhicules viennent rarement par-là compte tenu du mauvais état de la route. Parfois, on bouge à Lélouma – centre à 6 heures pour arriver ici à 10H ou 11 heures. Parfois aussi pour éviter la fatigue, je viens le soir passer la nuit pour bien faire mon commerce le matin. On arrive ici complètement fatigué. Les secousses sont énormes. C’est vraiment très difficile. On demande aux autorités de nous aider pour au moins l’entretien de cette tronçon », plaide-t-elle.

Faut-il rappeler que cet axe n’est qu’un échantillon parmi tant d’autres dans  les différentes localités car, se déplacer à Lélouma est un véritable parcours du combattant.