Retour des cartels de cocaïne : les pièges de la tentation

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La présumée implication de plusieurs officiers de nos services de sécurité dans un « vol »  de liquides et  d’une importante quantité de  drogue dure, lors d’une opération de saisie,  effectuée récemment dans la banlieue de la capitale, continue de défrayer la chronique. Cette affaire qui fait grand bruit,  met le gouvernement guinéen dans l’embarras. D’autant qu’elle  pourrait relancer les débats sur la réforme de nos institutions sécuritaires pleines de brebis galeuses. Même si des flics qui se permettent parfois des pas de côté avec le manuel du parfait policier, il y en a sous tous les cieux. Cela  n’est pas une spécificité guinéenne. Loin s’en faut.

L’affaire de la BAC NORD de Marseille  en France est encore dans les mémoires. Pour rappel, 18 flics avaient été épinglés dans la cité phocéenne pour des comportements de ripoux en 2011.  Tous furent traduits en justice. Des mauvais exemples de ce genre sont à foison.

Pour revenir à cette affaire scabreuse qui prouve que les cartels sont bien de retour dans nos murs, une commission rogatoire a été mise en place, tambour battant, dans le cadre de l’enquête devant élucider ce dossier aux contours sinueux.

Sous la coupole du Tribunal de première instance de Dixinn, des hauts gradés de la police et de la gendarmerie passent sous les fourches caudines de la dite commission. En vue de démêler le vrai du faux.

Le seul bémol dans cette procédure est le vide juridique sur les stupéfiants que nos législateurs tardent à combler. Dans la foulée des enquêteurs, plusieurs têtes de la sécurité sont déjà tombées. D’autres résistent encore au glaive de Dame Thémis.

Dans ce jeu du mensonge et de la vérité, l’Etat guinéen joue sa crédibilité. C’est le lieu de dire que Conakry a plus que jamais intérêt à déconstruire le stéréotype qui fait de la Guinée « une nouvelle plaque tournante de la drogue ».

Comme un retour vers le passé, notamment les  2007-2008. Où notre pays avait volé la vedette à son voisin de Bissau.
A l’époque, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) avait tiré la sonnette d’alarme sur la ruée des cartels sud-américains sur nos côtes.

Tenez-vous bien, ce sont près de 8 000 kilos, soit 8 tonnes de cocaïne,  qui avaient été saisies entre le 19 août et le 15 septembre 2008 à Conakry. De quoi illustrer l’ampleur du phénomène.

C’est l’avènement  de la junte de Dadis Camara qui avait débarrassé le pays des tentacules des cartels.

De quoi inspirer ceux qui sont chargés de laver les écuries d’Augias dans cette affaire de cocaïne. Afin de rassurer nos partenaires occidentaux, intraitables face à l’industrie de la drogue.

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