Retraite politique : La belle leçon de démocratie d’ADO à ses pairs

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En annonçant  ce jeudi 05 mars sa non candidature à la présidentielle du 31 octobre prochain, le président Alhassane Dramane Ouattara a ménagé une surprise agréable aux Ivoiriens. Mettant ainsi fin au faux suspense du ‘’partira partira pas ?’’, jusque-là savamment entretenu par le cercle de ses proches du RHDP, au moment où le spectre du troisième mandat agite les landerneaux politiques dans la sous-région.

De par cette décision courageuse et salvatrice, ADO est parvenu comme par magie à restaurer son image d’homme d’Etat au-dessus de la mêlée, dans un pays qui était au bord du précipice par la faute d’une élite carriériste qui, à l’image des autres pays africains, semble plus préoccupé à s’empiffrer des deniers publics au détriment des principes démocratiques.

Le président ivoirien fait ainsi coup double, en administrant aussi une belle leçon de démocratie à ses pairs subsahariens. Quand on sait que nos chefs sous les tropicaux, ne sont en réalité pour la plupart que des « potentats », usant de discours travestis d’oripeaux démocratiques trompeurs.

C’est devant les membres du Sénat et du parlement que le chef d’Etat ivoirien a fait cette annonce solennelle qui, au demeurant, revêt un caractère historique: « Je voudrais annoncer solennellement, que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération ».

Alhassane Ouattara à qui on prêtait les velléités de tripatouiller la constitution dans le seul but de se pérenniser au pouvoir, a pris ses adversaires les plus irréductibles de court, à travers cette retraite politique.

In fine, comme il vient de le clamer lui-même,  deux mandats suffisent largement pour un président.

Il n’y a donc plus de quoi s’arracher les cheveux que ce soit au RHDP, au PDCI de Henry Konan Bédié ou chez les Soroistes. Tous dormiront à compter de ce jour du sommeil du juste.

Comme disait De gaulle vaut mieux « partir cinq ans trop tôt qu’une minute plus tard.»

Espérons que cela inspire notre cher président, qui demeure ferme sur ses arçons. Car l’heure est grave. Même les leaders religieux commencent à sortir de l’expectative pour prendre position contre le projet de troisième mandat.

Face à un tel imbroglio politique, nos dirigeants ne devaient pas  porter des œillères. C’est le moment de rompre avec les vieilles habitudes qui visent à détourner la loi à son profit, dans le seul but de se perpétuer. Quitte à user de la violence contre les populations au nom de l’atteinte du sacro-saint.

 Alpha Condé n’est-il pas d’ailleurs le conseiller politique de Ouattara!